Les personnes ayant pris beaucoup de poids au cours des cinq années précédentes ont plus souvent enregistré une perte rapide sous Wegovy en comprimé, selon une analyse de dossiers médicaux. Ce résultat reste préliminaire : l’étude n’a pas été évaluée par des pairs et ne démontre pas que la trajectoire du poids détermine l’efficacité du traitement.
Le poids pris récemment pourrait aider à repérer certains patients qui répondent rapidement au sémaglutide oral. C’est la piste avancée par une étude mise en ligne le 20 septembre 2026, à partir de données de santé américaines. Les auteurs ont examiné 9 287 personnes n’ayant jamais utilisé de médicament de la famille des GLP-1 avant une prescription de Wegovy en comprimé.
Parmi les 8 381 patients disposant d’un poids de départ, 3 011 avaient une nouvelle mesure enregistrée entre 30 et 180 jours. Les chercheurs les ont répartis en quatre groupes, de l’absence de perte de poids à une baisse supérieure à 10 %, qualifiée de « super-réponse » dans l’analyse.
Une trajectoire de poids différente avant le traitement
Les patients ayant perdu plus de 10 % de leur poids avaient, en moyenne, davantage grossi au cours des cinq années précédant le traitement. Leur poids mesuré cinq ans plus tôt était inférieur de 7,6 % à celui du début de la prise du médicament. Chez les non-répondeurs, l’écart n’était que de 0,8 %.
Dans le groupe des réponses les plus fortes, la baisse moyenne atteignait 7,2 % au 60e jour et 11,4 % au 90e jour. Ces patients pesaient aussi moins au départ : 94,1 kg en moyenne, contre 101,7 kg parmi ceux qui n’avaient pas perdu de poids.
L’âge, le sexe, le diabète de type 2, la glycémie et la pression artérielle initiale ne distinguaient pas clairement les groupes. En revanche, les personnes classées parmi les « super-répondeurs » avaient plus souvent atteint rapidement des doses plus élevées. Leur pression artérielle systolique avait également davantage baissé à 90 jours.
Ces observations ont été rapportées le 23 septembre par Reuters. Le Wegovy oral a été autorisé aux États-Unis en décembre 2025 pour la prise en charge chronique du poids. Cette autorisation américaine ne signifie pas que la même présentation est disponible ou approuvée dans tous les pays.
Pourquoi il faut interpréter ces résultats avec prudence
L’étude est observationnelle. Elle met en évidence des associations, mais ne permet pas de dire qu’une prise de poids récente provoque une meilleure réponse au traitement. Les groupes ont été constitués après avoir observé la perte de poids, et seuls les patients ayant une mesure de suivi dans les six mois ont été inclus dans l’analyse principale.
La dose atteinte, l’adhésion au traitement, l’alimentation, l’activité physique ou d’autres facteurs peuvent aussi influer sur les résultats. Le manuscrit est en outre un préprint : il n’a pas encore passé l’évaluation indépendante d’une revue scientifique.
Les auteurs présentent donc la trajectoire de poids avant traitement comme une hypothèse à tester dans des études prospectives. Elle ne suffit pas, à ce stade, pour choisir seul un médicament ou prévoir le résultat d’une personne. Les traitements de l’obésité nécessitent une évaluation médicale individualisée, notamment en raison de leurs contre-indications, de leurs effets indésirables et des différences d’accès selon les pays.





