Les femmes atteintes des mêmes maladies que les hommes reçoivent moins souvent certains traitements dits actifs, comme une intervention chirurgicale, la pose d’un stent ou des antalgiques puissants, selon une revue publiée le 16 septembre 2026 dans PLOS One. Les auteurs, Miriam Veenhuizen et Andrew O’Malley, ont examiné des travaux récents portant sur les différences mesurables de prise en charge selon le sexe ou le genre.
La revue a retenu 41 articles publiés entre 2018 et 2023. Parmi 38 séries de cas rétrospectives, 33 ont signalé une différence significative entre le traitement des patients de sexe masculin et féminin. Sur 29 études ayant utilisé une analyse multivariée, 25 ont encore retrouvé une différence significative après prise en compte de plusieurs facteurs.
Les écarts apparaissent dans plusieurs spécialités. Pour certaines maladies cardiovasculaires, les femmes étaient davantage prises en charge par médicaments, tandis que les hommes recevaient plus souvent un pontage coronarien, un stent ou une autre intervention. Les femmes se voyaient aussi moins souvent prescrire des statines. Dans d’autres études, les hommes atteints de Parkinson étaient plus souvent orientés vers une stimulation cérébrale profonde et ceux souffrant d’insuffisance hépatique recevaient plus souvent une greffe.
Les chercheurs ont également relevé, chez des patientes sous dialyse, un accès permanent moins fréquent et un recours plus long au cathéter. Les femmes recevaient aussi moins souvent des opioïdes contre la douleur. En revanche, aucune différence significative n’a été retrouvée dans les études portant sur l’AVC et le diabète, tandis que les femmes étaient plus souvent traitées pour la démence.
Des écarts observés, sans cause unique établie
Cette revue de portée ne permet pas, à elle seule, d’établir la cause de chaque écart ni de conclure que toute différence de prise en charge est injustifiée. La plupart des travaux retenus étaient rétrospectifs. Les auteurs soulignent toutefois qu’aucune des études examinées n’identifiait de recommandation clinique préconisant un traitement différent selon le sexe pour expliquer les écarts observés.
Le travail met aussi en évidence un déficit de recherche sur la prise en charge des patients. Entre 2018 et 2023, les auteurs ont recensé 551 publications consacrées aux inégalités de genre touchant les professionnels de santé, contre seulement 41 portant sur les différences de traitement effectivement reçues par les patients.





