Une masse dans le sein, une modification de la peau ou un autre symptôme suspect ne devrait plus se perdre dans un parcours de soins trop lent. L’Organisation mondiale de la santé a publié un guide destiné aux soignants de première ligne en Afrique afin d’améliorer l’évaluation initiale, l’orientation et le suivi des femmes.
Le manuel, intitulé « Evaluation and workup for suspected breast cancer using a primary health care approach », s’adresse notamment aux infirmiers, sages-femmes, médecins et agents cliniques. Il détaille l’examen clinique du sein, les signes qui justifient une investigation, le conseil aux patientes et les étapes d’une orientation vers l’imagerie, l’anatomopathologie puis le traitement.
L’objectif n’est pas de poser un diagnostic de cancer dans un centre de santé de proximité. Il est d’éviter qu’un symptôme inquiétant reste sans réponse ou qu’une patiente soit perdue entre plusieurs services. Le document insiste ainsi sur la continuité du parcours, le suivi des rendez-vous manqués et l’accompagnement face aux obstacles financiers, géographiques ou psychologiques.
Selon le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, plus de 70 % des cancers du sein sont diagnostiqués tardivement dans la majorité des pays de la région. Des délais de six mois ou davantage entre l’apparition des premiers symptômes et l’accès à des soins adaptés restent fréquents. À ce stade, les traitements sont généralement plus complexes, plus coûteux et moins efficaces.
Dans les systèmes de santé où le dépistage organisé par mammographie ne peut pas encore être proposé à grande échelle, l’OMS privilégie donc le diagnostic précoce des femmes qui présentent déjà des symptômes. Cette stratégie ne remplace ni l’imagerie ni la biopsie : elle vise à faire arriver plus vite les patientes concernées jusqu’aux services capables de confirmer ou d’écarter un cancer.
Le guide s’inscrit dans l’Initiative mondiale contre le cancer du sein. Celle-ci repose sur trois leviers : mieux informer pour favoriser une détection précoce, raccourcir les délais de diagnostic et garantir une prise en charge complète. L’OMS invite désormais les États, les établissements de formation et les responsables sanitaires à adapter ces parcours aux réalités locales et à renforcer les liens entre centres de proximité, laboratoires et services spécialisés.





