Consommer du kaolin, souvent appelé « terre blanche », pour calmer les nausées de la grossesse n’est pas un geste anodin. Des professionnels de santé au Niger alertent sur le risque de perturbation de l’absorption du fer et d’autres nutriments essentiels.
Dans un reportage publié le 24 septembre 2026, l’Agence nigérienne de presse décrit une pratique encore présente dans certaines communautés. Une femme enceinte interrogée explique en consommer depuis le début de sa grossesse pour atténuer ses nausées.
Le médecin Mahamadou Seydou indique que ces envies peuvent être liées aux vomissements, au manque d’appétit ou aux irritations de l’estomac. Il avertit toutefois qu’une consommation régulière de kaolin peut limiter l’absorption de minéraux, notamment du fer, alors que les besoins de l’organisme augmentent pendant la grossesse.
Une association forte avec l’anémie
La consommation de terre entre dans la catégorie de la géophagie, une forme de pica, terme médical désignant l’ingestion répétée de substances qui ne sont pas des aliments. Une revue systématique publiée en 2025, portant sur 89 travaux menés dans 33 pays, a relevé une forte association entre le pica et l’anémie ferriprive.
Une méta-analyse de 43 études avait déjà calculé que les personnes pratiquant le pica présentaient 2,35 fois plus de risque d’anémie que les autres participants. Les chercheurs soulignent cependant que ces résultats ne permettent pas d’établir clairement le sens de la causalité : une carence peut favoriser l’envie de consommer de la terre, tandis que cette consommation peut à son tour gêner l’assimilation de certains nutriments.
Une revue consacrée à la géophagie pendant la grossesse mentionne également des déséquilibres minéraux et une possible exposition à des métaux présents dans certaines argiles. La composition du kaolin variant selon son origine et sa préparation, un produit vendu ou ramassé localement ne peut pas être considéré comme sûr à avaler.
En parler pendant le suivi prénatal
Les sages-femmes interrogées par l’ANP recommandent aux femmes confrontées à ces envies de consulter plutôt que de chercher à les calmer avec du kaolin. Le professionnel de santé pourra évaluer les nausées, demander un bilan nutritionnel si nécessaire et proposer une prise en charge adaptée. Une supplémentation en fer ne doit pas être improvisée sans avis médical.





