Une étude publiée mardi 22 septembre dans Nature Medicine a identifié des signatures de protéines sanguines qui évoluent avec la ménopause et sont associées, dans plusieurs cohortes de femmes, à des marqueurs de vieillissement biologique du cerveau et à des résultats cognitifs moins favorables plus tard dans la vie. Ces données décrivent des associations et ne signifient pas qu’une femme ménopausée développera une démence.
Les chercheurs ont d’abord analysé le sang de 80 femmes âgées de 43 à 58 ans, classées de façon rigoureuse comme préménopausées, périménopausées ou postménopausées. Ils ont observé des variations de protéines liées notamment à l’inflammation, au fonctionnement des synapses et au métabolisme. Ces variations suivaient davantage les taux hormonaux, dont l’estradiol et la FSH, que l’âge chronologique.
Une validation menée chez 2 814 autres femmes d’âge comparable a retrouvé une partie de ces changements. Dans un sous-groupe de 2 340 participantes, des « horloges » protéomiques utilisées pour estimer l’âge biologique de différents organes ont également montré des écarts associés au stade de la ménopause, notamment pour le cerveau.
Les auteurs ont ensuite testé un score protéomique de ménopause dans quatre cohortes indépendantes de femmes plus âgées, totalisant 11 925 participantes. Un score plus élevé était associé à des trajectoires cognitives moins favorables. Dans la UK Biobank, qui comprenait 11 059 femmes suivies en moyenne pendant 15,7 ans, ce score était aussi associé à un risque plus élevé de démence d’Alzheimer au cours du suivi.
Une association à confirmer dans le temps
Les chercheurs soulignent toutefois que la plupart des femmes ne développent pas de démence après la ménopause. Leur travail ne permet pas d’établir qu’un changement hormonal ou qu’une protéine particulière provoque directement un déclin cognitif. L’échantillon de départ était restreint et les mesures des hormones et des protéines y ont été réalisées à un moment donné, ce qui limite les conclusions sur l’évolution individuelle.
Le National Institute on Aging rappelle que la ménopause est une étape normale du vieillissement et que ses manifestations varient fortement d’une femme à l’autre. Les travaux sur les liens entre transition ménopausique et santé cérébrale restent en cours, notamment pour distinguer l’effet des hormones de celui de l’âge, du sommeil, des symptômes vasomoteurs et d’autres facteurs de santé.





