Des neurones sensoriels pourraient conserver la trace d’une première exposition à un allergène et amplifier la réaction lors d’un contact ultérieur. Observé chez la souris, ce mécanisme apporte une piste pour comprendre pourquoi certaines allergies ne se déclarent qu’après plusieurs expositions.
Les chercheurs du Mass General Brigham ont reproduit des expositions répétées à des allergènes dans des modèles murins. D’après leur étude publiée dans la revue Immunity, le premier contact active dans les neurones sensoriels une voie appelée mTORC1 et modifie le fonctionnement de leurs mitochondries.
Lors d’une nouvelle exposition, ces neurones réagissent alors plus vivement. Les animaux présentent davantage de démangeaisons et une réponse immunitaire allergique renforcée, détaille le Mass General Brigham. Ce « souvenir » n’est donc pas stocké comme une mémoire consciente : il correspond à une transformation métabolique temporaire des cellules nerveuses.
Le phénomène ne concernait pas uniquement le même allergène. Après une exposition à la papaïne, les souris ont également réagi plus fortement à des allergènes d’acariens et à une moisissure. Les scientifiques avancent que les neurones pourraient reconnaître une activité enzymatique commune plutôt qu’une substance précise.
Dans ces modèles, l’état d’alerte accru a duré environ trois semaines avant de s’estomper. Le blocage de mTORC1 ou l’altération de l’activité mitochondriale a aussi effacé cet effet, rapporte une présentation du Ragon Institute.
Cette découverte reste toutefois préclinique : elle n’a pas encore été démontrée chez l’être humain. Comme le souligne également Reuters, de nouvelles recherches seront nécessaires avant d’envisager une application médicale ou une modification des traitements actuels des allergies.





