Au Royaume-Uni, plus de la moitié des femmes présentant un trouble de stress post-traumatique (PTSD) après un accouchement n’ont reçu aucune orientation vers des services de santé mentale, selon un rapport présenté le 10 septembre 2026 au Parlement britannique. Le document estime aussi que leurs coûts de soins et de soutien entre six et douze mois après la naissance sont 2,5 fois plus élevés que ceux des femmes sans symptômes.
Intitulé Counting the cost of birth trauma: the economic impact of postnatal PTSD in the UK, le rapport a été produit par l’équipe MAP Alliance de City St George’s, University of London. Il s’appuie sur un programme de recherche ayant suivi plus de 2 000 femmes en Angleterre et en Écosse, depuis la grossesse jusqu’à deux ans après l’accouchement, ainsi que sur une enquête distincte menée par la Birth Trauma Association.
Les chercheurs estiment qu’environ une femme sur vingt au Royaume-Uni développe un PTSD lié à l’accouchement. Le rapport distingue ce trouble clinique d’une expérience de naissance vécue comme traumatisante, qui peut être plus fréquente sans répondre aux critères diagnostiques du PTSD.
Les données montrent aussi un impact professionnel. Douze mois après la naissance, 53 % des femmes présentant un PTSD avaient repris le travail, contre 68 % de celles ne rapportant pas de symptômes. Les auteurs calculent qu’une prévention plus efficace des naissances traumatiques et du PTSD post-partum pourrait représenter jusqu’à 26 millions de livres d’économies annuelles pour le NHS. Il s’agit d’une estimation économique, et non de la preuve que tous les cas ou tous les coûts seraient évitables.
Ces résultats s’inscrivent dans un ensemble de travaux récents sur les traumatismes liés à l’accouchement. Une étude publiée en mai 2026 dans Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica, portant sur 339 femmes au Royaume-Uni, rapportait que 5,9 % des participantes répondaient aux critères du PTSD lié à l’accouchement et que 40,6 % jugeaient leur naissance au moins modérément traumatisante.
Dans cette étude, des complications maternelles pendant l’accouchement, une faible satisfaction vis-à-vis de l’expérience de naissance et l’absence de contact peau à peau immédiatement après la naissance étaient notamment associés à davantage de symptômes. Les auteurs soulignent toutefois le caractère transversal de l’enquête, qui ne permet pas d’établir une relation de cause à effet.
Le rapport britannique recommande un dépistage plus systématique des symptômes de PTSD pendant la période périnatale, une meilleure formation des soignants au traumatisme psychique et un accès accru aux services spécialisés. Ces recommandations concernent le système de santé britannique et ne permettent pas d’extrapoler directement les taux de prévalence ou les coûts à la Côte d’Ivoire.
Le consortium international INTERSECT, coordonné par City St George’s, a parallèlement recueilli des données auprès de 11 302 participantes dans 31 pays entre 2021 et 2024. Les premiers résultats présentés en septembre montrent de fortes variations entre pays, ce qui renforce la nécessité d’évaluer le traumatisme lié à l’accouchement dans chaque contexte sanitaire et culturel.





