Les extensions de cils posées à répétition ont été associées à des irritations oculaires et à des anomalies des glandes de Meibomius dans une étude observationnelle présentée au 44e congrès de l’European Society of Cataract and Refractive Surgeons (ESCRS), à Londres. Chez un petit sous-groupe de 25 utilisatrices régulières, des acariens Demodex folliculorum ont été retrouvés sur les cils de 24 d’entre elles, un résultat que les chercheurs eux-mêmes demandent d’interpréter avec prudence.
L’équipe menée par la Dre Tetiana Zhmud, de la National Pirogov Memorial Medical University en Ukraine, a interrogé 345 femmes âgées de 16 à 28 ans. Près d’un quart avaient déjà porté des extensions de cils et, parmi ces utilisatrices, 58 % en faisaient poser toutes les trois à quatre semaines. Au total, 47,6 % ont déclaré après la procédure des gênes telles que rougeur, larmoiement, démangeaisons ou inconfort, selon les données diffusées par l’ESCRS le 10 septembre 2026.
Les chercheurs ont également examiné les glandes de Meibomius par imagerie infrarouge. Ces petites glandes situées dans les paupières produisent la partie huileuse du film lacrymal, qui aide à limiter l’évaporation des larmes. Parmi les participantes ayant eu au moins dix séances d’extensions, 85 % présentaient des signes de dysfonction de ces glandes, notamment une obstruction ou une production d’huile insuffisante.
L’analyse microscopique menée sur 25 utilisatrices régulières a identifié des Demodex folliculorum chez 24 d’entre elles. Dix-huit présentaient aussi des signes compatibles avec une irritation liée à ces acariens. Mais leur simple présence ne signifie pas qu’une maladie est installée : ces micro-organismes peuvent faire partie de la flore habituelle autour de l’œil, rappelle la professeure Sorcha Ni Dhubhghaill, spécialiste de la cornée à l’UZ Brussel et non impliquée dans l’étude.
Des résultats à confirmer
Ces chiffres ne permettent pas d’affirmer que les extensions de cils provoquent à elles seules une infestation ou une atteinte des glandes. L’étude est de petite taille pour l’examen microscopique, ne comporte pas de groupe témoin comparable sans extensions et a été présentée dans un congrès médical. HealthDay souligne à ce titre que les résultats de congrès restent préliminaires tant qu’ils n’ont pas été publiés dans une revue évaluée par les pairs. Les mêmes limites sont détaillées dans le compte rendu de Medical Xpress.
Les auteurs insistent surtout sur l’hygiène des paupières et sur l’évaluation des symptômes persistants. Ils recommandent un nettoyage doux et régulier des extensions avec un produit adapté à l’hygiène palpébrale, sans conservateur et hypoallergénique. Un éventuel traitement contre Demodex ne devrait être envisagé qu’en cas d’infestation confirmée et après avis d’un professionnel de santé.
La professeure Ni Dhubhghaill relève enfin que la colle est appliquée près de la base des cils, là où apparaissent habituellement les petites collerettes permettant de repérer une prolifération de Demodex. Cette proximité pourrait compliquer leur détection chez certaines porteuses d’extensions. Les chercheurs prévoient des travaux plus larges comparant des femmes avec et sans extensions afin de préciser la fréquence des acariens, des symptômes et des anomalies des glandes de Meibomius.





