L’Arizona a engagé une action en justice contre L’Oréal USA, sa maison mère et SoftSheen, accusés d’avoir commercialisé des défrisants chimiques sans avertir suffisamment les consommatrices de risques de cancer associés à certains usages. La plainte, annoncée le 11 septembre 2026 par la procureure générale de l’État, vise notamment les cancers de l’utérus et de l’ovaire.
Le bureau de la procureure générale de l’Arizona soutient que certains défrisants contiennent des substances considérées comme potentiellement cancérogènes ou peuvent conduire à la formation de composés toxiques lorsqu’ils sont appliqués sur le cuir chevelu. L’action repose sur le droit de la consommation de l’État et demande notamment des sanctions ainsi que des mesures d’information du public.
Cette procédure ne constitue pas, à elle seule, une preuve qu’un produit précis provoque un cancer. Elle s’appuie toutefois sur plusieurs travaux épidémiologiques ayant mis en évidence des associations entre usage fréquent de produits de lissage chimique et certains cancers féminins.
Une étude des National Institutes of Health, publiée en 2022 à partir de 33 497 femmes suivies pendant près de onze ans, avait observé un risque plus élevé de cancer de l’utérus chez les utilisatrices fréquentes de produits de lissage, définies comme celles les ayant utilisés plus de quatre fois au cours des douze mois précédents. Les chercheurs estimaient alors que le risque cumulé jusqu’à 70 ans passait d’environ 1,6 % chez les non-utilisatrices à environ 4 % chez les utilisatrices fréquentes.
Les auteurs de cette étude avaient toutefois insisté sur le caractère observationnel des résultats. Une association statistique ne permet pas d’identifier à elle seule le produit ou l’ingrédient responsable, ni d’établir qu’un défrisant provoque directement un cancer chez une utilisatrice donnée.
Selon Reuters, plus de 12 000 plaintes individuelles liées aux défrisants sont déjà regroupées devant une juridiction fédérale à Chicago. L’Oréal conteste l’existence d’un lien de causalité démontré entre ses produits et les cancers invoqués et affirme que ses défrisants sont sûrs lorsqu’ils sont utilisés conformément aux instructions.
La plainte de l’Arizona concerne le marché américain et ne correspond pas à un rappel général des défrisants ni à une interdiction de ces produits en Côte d’Ivoire. Elle intervient alors que les contentieux américains sur les défrisants entrent dans une phase judiciaire plus avancée, avec de premiers procès fédéraux attendus à partir de 2027.





