Le sommeil d’un partenaire est associé non seulement à ses propres habitudes alimentaires, mais aussi à celles de la personne avec laquelle il vit. Une étude menée auprès de 204 couples au Canada montre qu’un sommeil de moins bonne qualité va de pair avec une alimentation moins saine et une moindre capacité à tenir des objectifs alimentaires chez les deux membres du couple.
Les travaux, publiés le 9 juillet 2026 dans Annals of Behavioral Medicine et remis en avant le 15 septembre par l’Université Concordia, ont suivi 408 personnes pendant trois mois. Les chercheurs ont évalué la qualité du sommeil et de l’alimentation au début de l’étude, puis après un et trois mois. Les participants ont aussi tenu pendant quatorze jours un journal consacré à leurs efforts pour manger plus sainement.
Dans l’article scientifique, les analyses montrent qu’au départ la qualité du sommeil d’une personne était associée à sa propre alimentation, mais aussi à celle de son partenaire, même après prise en compte du sommeil de ce dernier. Un sommeil moins bon était également lié à moins d’efforts pour suivre une alimentation saine et à une confiance plus faible dans sa capacité à y parvenir.
Les chercheurs observent surtout un mécanisme de régulation partagé. Lorsque l’un des partenaires dormait moins bien, l’autre déclarait lui aussi davantage de difficultés à maintenir ses objectifs alimentaires. L’équipe avance comme piste que les habitudes du foyer, les aliments disponibles, les repas pris ensemble ou le soutien entre partenaires peuvent intervenir, sans toutefois avoir mesuré directement tous ces facteurs dans cette étude.
L’échantillon avait un profil précis : les participants avaient en moyenne 42 ans et, dans chaque couple, au moins une personne était en surpoids ou en situation d’obésité et cherchait à améliorer son alimentation ou son activité physique. Près de 96 % des participants disaient déjà essayer de modifier leur alimentation. Les femmes rapportaient en moyenne une alimentation plus saine et davantage d’efforts pour tenir leurs objectifs, mais le sexe ne modifiait pas l’association observée entre le sommeil d’un partenaire et l’alimentation de l’autre.
Ces résultats ne permettent pas d’affirmer qu’un mauvais sommeil provoque directement une alimentation moins saine chez son partenaire. L’étude est observationnelle et repose en partie sur des déclarations des participants. Les auteurs notent aussi que la qualité du sommeil au départ n’a pas prédit une évolution durable de la qualité de l’alimentation sur l’ensemble des trois mois. MedicalXpress rapporte que l’équipe souhaite désormais tester des mesures plus objectives du sommeil, des choix alimentaires du foyer et de la dynamique entre partenaires.





