Aux États-Unis, le taux de femmes ayant reçu une ordonnance de testostérone a augmenté de 146 % entre janvier 2023 et juillet 2026, selon une analyse de données de santé de Truveta réalisée pour Reuters. Cette progression intervient alors que l’Agence américaine des médicaments, la FDA, doit consacrer le 17 septembre une réunion publique à l’usage de la testostérone chez les femmes ménopausées.
Aucun produit à base de testostérone n’est actuellement approuvé spécifiquement pour les femmes aux États-Unis. Son utilisation est donc hors indication, notamment chez certaines femmes ménopausées présentant une baisse persistante du désir sexuel. Reuters souligne qu’il s’agit à ce jour de l’indication pour laquelle les recommandations médicales et les données d’efficacité sont les plus établies.
La FDA constate toutefois d’importantes zones d’incertitude. L’agence cite le manque de données sur les effets de la testostérone sur la cognition, l’humeur et la santé musculosquelettique, ainsi que l’absence de données de sécurité à long terme, notamment concernant les risques cardiovasculaires et le cancer du sein.
Des prescriptions sont aussi proposées pour la fatigue ou la perte de force musculaire liées à la ménopause. Mais les organisations médicales citées par Reuters ne disposent pas de preuves suffisantes pour recommander la testostérone afin d’améliorer la masse musculaire, la densité osseuse, l’humeur ou le bien-être général.
La British Menopause Society recommande pour sa part de réserver un éventuel essai de testostérone à certaines femmes souffrant d’une baisse de libido après l’évaluation d’autres facteurs possibles. Elle préconise un suivi du taux de testostérone et rappelle que des doses trop élevées peuvent entraîner des effets indésirables, dont certains peuvent être irréversibles.
Des traitements encore mal adaptés aux femmes
L’absence de produit spécifiquement dosé pour les femmes complique aussi les prescriptions. Selon Reuters, certaines patientes utilisent des gels conçus pour les hommes en les fractionnant pour obtenir des doses plus faibles. Des professionnelles de santé interrogées par l’agence ont également signalé des refus ou des retards de délivrance dans certaines pharmacies.
La réunion publique de la FDA du 17 septembre doit examiner les données scientifiques disponibles, les lacunes de recherche et les besoins éventuels de développement de médicaments adaptés aux femmes ménopausées. L’agence a parallèlement ouvert une période de commentaires publics jusqu’au 19 octobre 2026.





