Le « solo date », qui consiste à s’accorder volontairement une sortie ou une activité habituellement associée à un rendez-vous, gagne de nouveau en visibilité dans les contenus lifestyle. Le 4 septembre 2026, mindbodygreen relevait la multiplication de matinées en librairie, de visites de musées, de pauses café ou de déjeuners en solo, présentés comme des moments choisis plutôt que comme un isolement subi.
La nuance est importante. Une étude publiée le 21 avril 2026 dans le Journal of Social and Personal Relationships, menée auprès de 548 adultes et étudiants en Australie, a observé que la solitude autodéterminée était associée à un niveau de solitude ressentie plus faible. À l’inverse, la solitude non choisie était davantage liée au sentiment de solitude. Cette étude est corrélationnelle : elle ne prouve pas qu’un « solo date » améliore à lui seul la santé mentale.
Des travaux antérieurs invitent à la même prudence. Dans une étude publiée en 2023 dans Scientific Reports, 178 participants ont décrit pendant 21 jours leur temps passé seuls et avec d’autres personnes. Les chercheurs n’ont pas identifié de quantité « idéale » universelle de solitude. Les effets défavorables observés sur certains indicateurs étaient toutefois atténués lorsque le temps seul était choisi, tandis que les journées avec davantage de solitude étaient aussi associées à moins de stress et à davantage de sentiment d’autonomie.
Autrement dit, le « solo date » n’est ni une thérapie ni une obligation. Il peut simplement devenir une manière de ne pas reporter une activité qui fait envie parce qu’aucun proche n’est disponible, tout en gardant une vie sociale qui correspond à ses besoins.
Il n’est pas nécessaire d’en faire une sortie coûteuse ou spectaculaire. Le principe repose surtout sur une activité décidée pour soi, avec un cadre confortable et sûr. Pour une sortie seule, mieux vaut privilégier un lieu connu ou fréquenté, prévoir son trajet de retour et adapter l’horaire à son environnement.
Six idées de « solo date » faciles à tester
1. S’offrir une vraie pause café ou thé. Au lieu de boire rapidement en regardant son téléphone, choisir un endroit calme, commander quelque chose que l’on apprécie et prendre vingt à trente minutes avec un livre, un carnet ou simplement sans écran.
2. Aller voir une exposition, un musée ou une librairie. Ce format se prête particulièrement bien au temps seul : on avance à son rythme, on s’attarde où l’on veut et l’on repart quand on le souhaite. Une bibliothèque ou un espace culturel gratuit peut jouer le même rôle.
3. Faire une promenade avec un objectif léger. Marcher dans un parc, sur une promenade aménagée ou dans un quartier familier peut devenir un rendez-vous avec soi-même si l’on se donne une petite mission : photographier trois détails intéressants, découvrir une rue ou écouter une playlist choisie pour l’occasion.
4. Tester seul une adresse qui donne envie. Un déjeuner, un dessert ou un jus dans un lieu repéré depuis longtemps évite d’attendre que les agendas de plusieurs personnes coïncident. Pour un premier essai, un format court en journée peut être plus confortable qu’un long dîner.
5. Organiser un « solo date » à la maison. Préparer un plat différent, regarder un film sans faire défiler les réseaux sociaux en parallèle, lire quelques chapitres ou commencer un petit projet créatif permet de garder l’idée d’un moment intentionnel sans budget de sortie.
6. Choisir une activité que l’on repousse toujours. Visiter un marché, essayer un atelier, s’asseoir pour écrire ou reprendre une activité créative peut fonctionner si l’envie vient réellement de soi. C’est précisément ce qui distingue la solitude choisie de l’isolement subi dans les recherches récentes sur le sujet.





