Sur TikTok, la tendance « My Favorite Person » consiste à filmer discrètement un proche pendant qu’on explique pourquoi il compte tant. En ce début septembre 2026, le format fait partie des tendances signalées comme « peaking » par SocialPilot, tandis que Real Simple propose de le détourner en exercice d’auto-appréciation. Une idée séduisante, à condition de la garder à sa juste place : celle d’un petit rituel de réflexion, pas d’une méthode thérapeutique.
Le principe est simple. Au lieu de dresser la liste des qualités d’un enfant, d’une amie, d’un partenaire ou d’un parent, on s’accorde quelques minutes pour regarder ses propres gestes avec la même attention. Pas question de réciter des affirmations auxquelles on ne croit pas. L’exercice fonctionne mieux quand il part de faits concrets : une conversation menée avec patience, une tâche enfin terminée, un refus posé sans agressivité ou une journée difficile traversée sans se dévaloriser.
Cette adaptation fait écho à la notion d’auto-compassion étudiée en psychologie. Une revue systématique publiée en 2025 et indexée sur PubMed a recensé 113 études sur les mécanismes reliant l’auto-compassion aux résultats psychologiques. Les auteurs observent notamment le rôle de la réduction des pensées négatives répétitives et de stratégies comme la pleine conscience, tout en rappelant que beaucoup d’études sont transversales et ne permettent pas d’établir une causalité simple.
Autrement dit, la science ne valide pas la tendance TikTok elle-même. Elle soutient plutôt l’idée générale qu’un rapport moins dur envers soi peut être associé à de meilleurs indicateurs psychologiques. Cela suffit pour transformer le format en exercice lifestyle léger, sans promettre une hausse automatique de la confiance en soi.
Pour l’essayer, mieux vaut rester très concret. Une feuille, l’application Notes du téléphone ou quelques lignes dans un carnet suffisent. Le but n’est pas d’écrire « je suis parfaite », mais de relever ce qui mérite d’être reconnu, même si cela paraît ordinaire.
Cinq questions pour tester l’exercice
On peut commencer par cinq questions simples : qu’ai-je bien géré cette semaine ? Quel geste ai-je posé pour quelqu’un sans attendre de retour ? Quelle limite ai-je mieux respectée ? Qu’est-ce qui me fait réellement plaisir en ce moment ? Et quel effort invisible personne n’a vu, mais que je peux reconnaître moi-même ?
Une réponse courte suffit. L’intérêt est surtout de passer d’un jugement global sur soi à des observations précises. Si la phrase sonne faux ou trop grandiose, il vaut mieux la reformuler. « J’ai pris le temps d’appeler ma sœur malgré une journée chargée » est souvent plus utile que « je suis une personne exceptionnelle ».
Garder la tendance légère
Le réflexe à éviter est d’en faire une nouvelle obligation de performance. Il n’est pas nécessaire de publier l’exercice, de le faire chaque jour ni de transformer chaque émotion en contenu. La version la plus saine peut rester entièrement privée : deux ou trois lignes, puis on passe à autre chose.
Et si l’auto-critique devient envahissante, s’accompagne d’une détresse durable ou empêche de fonctionner normalement, une tendance de réseau social ne remplace pas l’aide d’un professionnel qualifié. « My Favorite Person » reste avant tout un format viral que l’on peut utiliser comme prétexte à porter sur soi un regard un peu moins sévère.
Sources principales : SocialPilot, Real Simple et revue systématique indexée sur PubMed (PMID 40719190).





