Deux séances de Pilates par semaine pendant huit semaines ont réduit davantage les symptômes de la ménopause qu’un programme d’éducation au mode de vie dans un petit essai randomisé publié le 10 septembre 2026 dans Scientific Reports. L’étude a porté sur 45 femmes ménopausées avec obésité, un effectif qui invite toutefois à considérer ces résultats comme prometteurs plutôt que définitifs.
Les participantes ont été réparties au hasard en trois groupes de 15 : Pilates sur Reformer supervisé, Pilates au sol pratiqué à domicile et programme d’éducation au mode de vie. Les deux groupes Pilates ont suivi deux séances par semaine pendant huit semaines, soit 16 séances au total. Le protocole et l’effectif de 45 participantes sont également enregistrés sur ClinicalTrials.gov.
Selon l’article scientifique, les deux formes de Pilates ont fait mieux que le groupe d’éducation sur le critère principal, la sévérité des symptômes ménopausiques. Le Reformer a aussi obtenu de meilleurs résultats que le Pilates au sol sur la qualité de vie spécifique à la ménopause et sur certains indicateurs de composition corporelle.
Les résultats sont plus nuancés pour le sommeil et les symptômes dépressifs. Ces deux paramètres se sont améliorés au fil du temps dans les trois groupes, sans effet spécifique suffisamment net pour attribuer l’évolution au Pilates. Les auteurs estiment que des facteurs communs, comme l’attention portée au mode de vie ou le contexte de participation à l’étude, ont aussi pu jouer.
Un autre essai randomisé publié le 9 mars 2026 dans le BJOG avait comparé huit semaines de Pilates clinique à un programme d’exercice aérobie chez 30 femmes ménopausées. Les deux groupes avaient progressé sur plusieurs critères, sans différence significative entre eux sur les changements du critère principal et des critères secondaires, ce qui renforce l’idée que le type d’activité peut être choisi en fonction des préférences et de l’accessibilité.
Le Pilates peut s’intégrer à une activité physique régulière
Le Pilates n’est donc pas présenté comme un traitement isolé de la ménopause. Un guide publié en février 2026 par le ministère français des Sports rappelle que l’activité physique régulière peut contribuer à réduire certains symptômes, améliorer la qualité de vie et le moral, maintenir l’autonomie et diminuer le risque de maladies chroniques chez les femmes en périménopause ou ménopausées.
Pour les adultes de 18 à 64 ans, l’Organisation mondiale de la santé recommande au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou 75 minutes d’activité vigoureuse, avec une progression adaptée aux capacités de chacun. Deux séances de Pilates peuvent donc faire partie d’une routine, sans nécessairement couvrir à elles seules l’ensemble des besoins d’activité physique.
Les auteurs de l’étude de Scientific Reports soulignent eux-mêmes plusieurs limites : seulement 45 participantes, toutes ménopausées et avec obésité, une intervention de huit semaines et l’absence de suivi à long terme. Ils demandent des essais plus larges et plus longs avant d’étendre les conclusions à l’ensemble des femmes ménopausées. L’étude n’a reçu aucun financement spécifique.





