La diminution progressive de la matière grise observée avec l’âge semble marquer une pause temporaire pendant la transition vers la ménopause, selon une étude longitudinale publiée le 8 septembre 2026 dans Nature Communications. Les chercheurs soulignent que ce résultat décrit une trajectoire structurelle du cerveau et ne signifie ni que la ménopause protège le cerveau, ni qu’elle explique les troubles de mémoire ou de concentration parfois rapportés à cette période.
L’équipe a analysé des IRM répétées de 1 095 filles et femmes afin de comparer, avec une même méthode, trois grandes transitions hormonales : puberté, grossesse et ménopause. Les données consacrées à la ménopause provenaient de la UK Biobank, tandis que les cohortes de puberté et de grossesse avaient été constituées aux Pays-Bas.
Dans l’analyse de la ménopause, 120 femmes sont passées d’un statut pré-ménopausique à post-ménopausique entre deux examens espacés d’environ trois ans et demi. Elles ont été comparées à des femmes restées pré-ménopausées et à des femmes déjà post-ménopausées. Chez ces groupes de comparaison, le volume de matière grise poursuivait son recul lié à l’âge, alors qu’aucune diminution significative du volume total ou cortical n’a été mise en évidence chez les femmes traversant la transition.
Le profil diffère de celui observé pendant la puberté et la grossesse. Dans ces deux périodes, les chercheurs ont mesuré des réductions plus rapides de matière grise corticale par rapport aux groupes témoins correspondants, avec des zones communes notamment dans les cortex préfrontal, pariétal et temporal. Les auteurs présentent ces variations comme des phénomènes de remodelage cérébral et non, à elles seules, comme la preuve d’une détérioration.
Pour la ménopause, l’équipe avance l’hypothèse que la baisse des hormones sexuelles pourrait contribuer à cette phase de stabilité relative. L’étude ne permet toutefois pas d’établir un lien de cause à effet, car les mesures hormonales n’étaient pas standardisées dans toutes les cohortes.
Pas d’explication directe du « brouillard cérébral »
Ces résultats ne fournissent pas non plus d’explication directe au « brouillard cérébral », expression utilisée pour décrire les oublis, difficultés de concentration ou sensations de ralentissement que certaines femmes signalent autour de la ménopause. L’étude porte sur les volumes cérébraux et ne montre pas que la trajectoire de matière grise observée provoque ou prévient ces symptômes.
Dans cette analyse, le recours à une hormonothérapie substitutive et le nombre d’accouchements n’ont pas modifié de manière mesurable les principaux résultats. Les auteurs appellent néanmoins à la prudence : le statut ménopausique reposait en partie sur les déclarations des participantes et les trois cohortes n’avaient pas été conçues dès le départ avec des protocoles hormonaux identiques.
La publication, indexée dans PubMed sous le DOI 10.1038/s41467-026-76755-2, compare les trois transitions dans un cadre analytique commun et avec des groupes témoins stables. Les chercheurs estiment que des suivis associant imagerie cérébrale et dosages hormonaux comparables seront nécessaires pour préciser le mécanisme biologique de cette phase de stabilité observée pendant la transition ménopausique.





