Une étude expérimentale publiée le 9 septembre 2026 dans PLOS One suggère que les vidéos TikTok centrées sur l’apparence n’agissent pas toutes de la même manière sur l’humeur. Chez 323 femmes et personnes s’identifiant au féminin, les contenus « thinspiration » et « fitspiration » ont été associés à davantage d’émotions négatives, tandis que les vidéos body positive ont augmenté l’humeur positive malgré une hausse parallèle de l’auto-objectification.
Les participantes ont regardé 20 vidéos dans un ordre aléatoire, réparties entre cinq catégories : thinspiration, fitspiration, body positive, contenus positifs généraux et contenus neutres. Après chaque vidéo, elles évaluaient leur humeur et la mesure dans laquelle elles se concentraient sur leur apparence.
Par rapport aux vidéos positives générales, l’auto-objectification a été la plus élevée après la thinspiration, puis après les contenus body positive et fitspiration. Les vidéos thinspiration et fitspiration étaient aussi liées à davantage d’affect négatif et à moins d’affect positif que les vidéos neutres.
L’auto-objectification désigne ici le fait de se regarder principalement à travers son apparence et d’accorder à celle-ci une place importante dans l’évaluation de soi. Le résultat le plus nuancé concerne le body positive : ces vidéos ont elles aussi accru cette focalisation sur l’apparence, mais elles ont simultanément été associées à une humeur plus positive.
Les participantes déjà plus enclines à l’auto-objectification avant l’expérience se sont montrées particulièrement sensibles aux contenus valorisant la minceur. Chez elles, la thinspiration était liée à une hausse plus marquée de l’humeur négative.
Des effets mesurés à très court terme
Les auteurs insistent sur les limites de l’expérience. Elle mesure des réactions immédiates et ne permet pas de conclure à des effets durables. Les participantes n’ont pas non plus rempli de mesure de base de leur humeur ou de leur auto-objectification juste avant l’exposition, et l’échantillon était jeune, composé en majorité de femmes de corpulence moyenne, ce qui limite la généralisation des résultats.
Ces observations rejoignent une étude publiée en 2024 dans PLOS One, qui avait constaté qu’une exposition de moins de dix minutes à des contenus TikTok pro-anorexie pouvait dégrader la satisfaction corporelle et renforcer l’intériorisation de l’idéal de minceur chez de jeunes femmes. BeNews avait déjà rappelé que certains contenus alimentaires restrictifs sur TikTok nécessitent du recul.





