Une nanothérapie expérimentale ciblant certaines cellules immunitaires a réduit le nombre et le volume des lésions d’endométriose ainsi que la sensibilité à la douleur après une seule dose chez des souris, selon une étude publiée le 30 août 2026 dans Advanced Healthcare Materials et remise en avant lundi par Washington State University.
Les chercheurs ont utilisé du niclosamide, un médicament déjà connu comme antiparasitaire, fixé à un dendrimère conçu pour atteindre préférentiellement des macrophages exprimant le récepteur folate bêta, ou FRβ. Dans le modèle animal étudié, ce vecteur s’est accumulé dans les lésions avec peu de rétention dans les autres organes.
Deux semaines après une injection intrapéritonéale, les souris traitées présentaient moins de macrophages FRβ positifs, moins de lésions et des lésions plus petites. Les auteurs rapportent également une diminution marquée de l’hyperalgésie associée à l’endométriose, c’est-à-dire d’une sensibilité accrue à la douleur.
Ces résultats restent toutefois précliniques. Le traitement n’a pas encore été testé chez l’être humain et les chercheurs indiquent devoir franchir plusieurs étapes avant d’envisager des essais cliniques. Une précédente publication de BeNews avait déjà rapporté un petit essai sur l’accompagnement familial et la qualité de vie des femmes atteintes d’endométriose, un sujet distinct de cette piste thérapeutique expérimentale.
L’Organisation mondiale de la santé estime que l’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer, soit près de 190 millions de personnes dans le monde. La maladie peut provoquer douleurs menstruelles intenses, douleurs pelviennes chroniques, saignements abondants et infertilité. Il n’existe actuellement pas de traitement curatif reconnu.
Une piste non hormonale encore loin d’un traitement disponible
L’équipe cherche à développer une approche non hormonale capable de viser plus précisément les cellules immunitaires impliquées dans la progression de la maladie. Le niclosamide avait déjà montré des effets sur des modèles expérimentaux d’endométriose, mais son ciblage et sa faible solubilité limitaient son utilisation potentielle. Le dendrimère testé vise à améliorer sa délivrance au niveau des lésions.
Les auteurs signalent par ailleurs des demandes de brevet et déclarations d’invention portant sur le dendrimère et certains de ses conjugués. Les travaux ont été financés notamment par le National Institute of Child Health and Human Development des États-Unis.





