Un infirmier de longue date engagé dans la riposte contre Ebola a été tué en fin de semaine à Bafwasende, dans la province de la Tshopo en République démocratique du Congo, tandis qu’un autre agent de santé a été grièvement blessé, ont annoncé lundi 26 octobre des responsables sanitaires et l’Organisation mondiale de la santé.
La victime travaillait à l’hôpital général de Bafwasende et participait à la prise en charge d’une alerte liée à l’épidémie. Reuters rapporte que plusieurs autres soignants se sont réfugiés dans l’établissement sous protection policière, par crainte de nouvelles violences, alors que l’armée a brièvement été déployée dans la ville.
Les récits disponibles diffèrent d’un jour sur la date précise de l’agression. L’OMS l’a située samedi 24 octobre dans une déclaration relayée par Associated Press, tandis qu’un responsable sanitaire local cité par Reuters a indiqué que l’infirmier avait été attaqué vendredi 23 octobre. Les deux sources concordent sur le lieu, le décès de l’agent et l’hospitalisation de son collègue.
L’attaque survient alors que la Tshopo figure parmi les huit provinces congolaises touchées par l’épidémie provoquée par le virus Ebola Bundibugyo. L’Institut national de santé publique comptabilisait vendredi 9 964 cas confirmés en RDC depuis la déclaration de l’épidémie en mai, avec un taux de létalité proche de 48,6 %, selon les données rapportées par Reuters.
Des établissements, des véhicules et des membres des équipes de riposte ont déjà été visés dans plusieurs zones affectées. Les responsables sanitaires relient une partie de ces violences à la circulation de fausses informations et à la méfiance envers les équipes médicales, mais les autorités n’ont pas identifié publiquement les auteurs de l’attaque de Bafwasende ni établi leur mobile.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a condamné l’agression et demandé que les personnels chargés de protéger les communautés puissent travailler en sécurité. Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Yakub Janabi, a également appelé à empêcher que la peur et la désinformation alimentent les violences.
Le collègue blessé était toujours soigné à l’hôpital lors du dernier point disponible. Les autres agents de santé restaient regroupés dans l’établissement sous surveillance policière.




