Le Parlement algérien, réuni à Alger, a approuvé dimanche 25 octobre l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire au Niger. La résolution adoptée par les deux chambres ouvre la voie à ce qui deviendrait le premier déploiement de troupes algériennes à l’étranger depuis le soutien militaire apporté à l’Égypte en 1973.
Le Conseil de la nation a validé la notification présidentielle par 148 voix sur 148, selon son communiqué officiel. Le document transmis par le président Abdelmadjid Tebboune le 22 octobre s’appuie sur les articles 91 et 136 de la Constitution. L’Assemblée populaire nationale avait auparavant réuni la majorité des deux tiers exigée pour une opération extérieure.
Aucune unité n’avait encore été officiellement déployée dimanche soir et les autorités n’ont publié ni effectif ni calendrier. Reuters rapporte que le projet vise Madama, dans le nord du Niger près de la frontière libyenne, sur le site d’une ancienne base française utilisée durant l’opération Barkhane.
Le sénateur Belkacem Boulghiti a présenté la mission comme une opération destinée à protéger les intérêts économiques et stratégiques de l’Algérie, notamment ses installations pétrolières au Niger. Il a précisé à la presse que les soldats ne seraient pas envoyés pour combattre, une déclaration qui fixe le mandat annoncé sans préjuger de ses modalités sur le terrain.
Le Conseil de la nation relie également la décision à la protection des intérêts énergétiques et à l’application d’un accord bilatéral conclu avec Niamey. La compagnie publique Sonatrach participe au projet de gazoduc transsaharien, conçu pour acheminer du gaz du Nigeria vers l’Algérie en passant par le Niger, et mène aussi des activités d’exploration pétrolière dans ce pays.
Le vote intervient après un rapprochement entre Alger et Niamey, malgré les tensions qui avaient suivi le coup d’État nigérien de 2023 et la crise diplomatique régionale de 2025. Le président nigérien Abdourahamane Tiani s’est rendu à Alger en février, tandis que le ministre nigérien de la Défense, Salifou Mody, a été reçu par Abdelmadjid Tebboune le 13 octobre avec une délégation.
La révision constitutionnelle de 2020 a rendu possible l’envoi de forces algériennes hors du territoire national sous réserve de l’accord des deux chambres. Le vote du 25 octobre constitue la première activation de ce dispositif pour une opération annoncée au Niger.





