L’ancien président congolais Joseph Kabila a pris lundi 12 octobre à Goma la direction d’un nouveau front politico-militaire qui inclut des responsables du M23, le groupe armé contrôlant de vastes territoires dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le Front pour la refondation de la nation affirme succéder à l’Alliance Fleuve Congo, dont il annonce la dissolution. Une déclaration signée à Goma les 10 et 11 octobre dit vouloir coordonner les forces opposées au pouvoir de Kinshasa et envisage explicitement le recours à la force.
Le document ne fixe toutefois aucun calendrier opérationnel et n’annonce aucune offensive précise. Les accusations portées contre le président Félix Tshisekedi et son gouvernement relèvent de la position des signataires du nouveau mouvement.
Parmi les dirigeants associés à la nouvelle structure figurent Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa. Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major de l’Armée révolutionnaire congolaise avec rang de vice-président, tandis que Freddy Rukema Kaniki devient secrétaire général et coordonnateur du comité exécutif.
Le gouvernement congolais n’avait pas réagi immédiatement à l’annonce, selon l’Associated Press. Cette recomposition intervient alors que les négociations engagées à Doha entre Kinshasa et l’AFC-M23 n’ont pas mis fin aux affrontements dans l’est du pays.
Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019. Une juridiction militaire l’a condamné à mort par contumace en septembre 2025 pour trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité en lien avec son soutien présumé à l’AFC-M23. L’ancien chef de l’État conteste ces accusations et affirme que la procédure était politique.
Les Nations unies et plusieurs gouvernements occidentaux accusent le Rwanda de soutenir le M23. Kigali rejette ces accusations. La création du front ajoute un nouvel acteur formel aux démarches diplomatiques menées pour tenter de stabiliser les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.





