L’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique a lancé le 21 septembre 2026 un nouveau guide destiné aux professionnels de première ligne afin d’accélérer l’évaluation et l’orientation des femmes présentant des signes suspects de cancer du sein. Le document vise à réduire les délais entre les premiers symptômes, le diagnostic et l’accès aux soins spécialisés.
Selon l’OMS, le cancer du sein reste le cancer le plus diagnostiqué chez les femmes dans le monde. En 2022, environ 2,3 millions de femmes ont reçu ce diagnostic et près de 670 000 personnes en sont mortes. Dans la plupart des pays de la Région africaine de l’OMS, plus de 70 % des cas sont encore détectés à un stade avancé, ce qui réduit les options thérapeutiques et les chances de survie.
Le manuel, intitulé Evaluation and Workup for Suspected Breast Cancer Using a Primary Health Care Approach, fournit des repères pratiques aux infirmiers, sages-femmes, médecins et autres soignants de première ligne. Il détaille l’examen clinique du sein, l’identification de signes suspects, le conseil aux patientes et l’orientation vers l’imagerie, l’anatomopathologie et les services de traitement.
Dans les systèmes de santé où les moyens restent limités, l’OMS recommande de donner la priorité au diagnostic précoce des femmes symptomatiques plutôt qu’à un dépistage de masse par mammographie lorsque les infrastructures ne permettent pas encore de soutenir un programme organisé. L’objectif est d’éviter que des patientes présentant déjà des symptômes restent plusieurs mois sans évaluation appropriée.
L’agence sanitaire indique que des délais de six mois ou davantage entre l’apparition des premiers symptômes et la prise en charge appropriée restent fréquents dans plusieurs contextes africains. Le guide insiste aussi sur la navigation des patientes pour limiter les abandons de parcours liés à la distance, au coût, à la peur, à la stigmatisation ou à la fragmentation des services.
Un objectif de diagnostic en 60 jours
Le document s’inscrit dans l’Initiative mondiale contre le cancer du sein de l’OMS, qui vise notamment à achever l’évaluation clinique, l’imagerie, le prélèvement de tissu et l’analyse anatomopathologique dans les 60 jours suivant la première présentation au système de santé. L’initiative fixe aussi comme objectifs de diagnostiquer au moins 60 % des cancers invasifs aux stades I ou II et de permettre à plus de 80 % des patientes d’achever un traitement multimodal sans abandon. Des recherches récentes continuent parallèlement d’affiner certains facteurs associés au risque et au dépistage, notamment la densité mammaire après la ménopause.
L’OMS appelle les États, les responsables sanitaires, les institutions de formation et les partenaires à adapter ce guide à leurs systèmes de soins, à renforcer les compétences des professionnels de santé primaire et à établir des circuits d’orientation clairs vers les services de diagnostic et de traitement. Le manuel s’adresse aux professionnels et aux systèmes de santé et ne constitue pas un outil d’auto-diagnostic.





