Une densité mammaire plus faible pourrait expliquer une partie de l’association paradoxale entre un indice de masse corporelle plus élevé à 20 ans et un risque plus faible de cancer du sein après la ménopause. C’est la principale piste avancée par une étude britannique publiée le 17 septembre 2026 dans le British Journal of Cancer. Les chercheurs précisent que ce résultat ne signifie pas que prendre du poids protège contre le cancer.
L’analyse porte sur 33 816 femmes ménopausées participant au programme britannique PROCAS. Leur IMC à 20 ans a été estimé à partir d’un poids déclaré rétrospectivement, puis comparé à des mesures de densité mammaire réalisées lors de mammographies. Sur un suivi médian de 10,44 ans, 1 261 cancers du sein après la ménopause ont été enregistrés.
Dans les modèles statistiques, chaque hausse de 5 kg/m² de l’IMC déclaré à 20 ans était associée à une baisse d’environ 15 % du risque de cancer du sein après la ménopause. À l’inverse, un IMC plus élevé au moment de l’entrée dans la cohorte, donc plus tard dans la vie adulte, était associé à une hausse d’environ 20 % du risque pour la même augmentation de 5 kg/m².
Les chercheurs ont ensuite examiné la densité mammaire, c’est-à-dire la proportion de tissus fibreux et glandulaires par rapport aux tissus graisseux. Une densité plus élevée est déjà connue comme un facteur de risque de cancer du sein. Dans cette étude, les participantes qui rapportaient un IMC plus élevé à 20 ans présentaient en moyenne une densité mammaire en pourcentage plus faible des années plus tard.
Le modèle de médiation estime que cette densité plus faible pourrait expliquer près de 60 % de l’association inverse observée entre l’IMC à 20 ans et le risque ultérieur. Cette estimation reste toutefois incertaine, avec un intervalle de confiance large, et une autre mesure de la densité, le volume fibroglandulaire, n’a pas reproduit le même schéma.
Un résultat à ne pas transformer en conseil de poids
Les auteurs insistent sur ce point : leurs résultats ne justifient pas une prise de poids à l’adolescence ou au début de l’âge adulte. L’Agence internationale de recherche sur le cancer et le World Cancer Research Fund considèrent au contraire l’excès de poids à l’âge adulte comme un facteur de risque établi du cancer du sein après la ménopause. Une précédente analyse relayée par BeNews soulignait déjà que le poids, l’alcool et l’activité physique n’agissent pas de la même façon selon les périodes de la vie.
L’étude présente aussi plusieurs limites : l’IMC à 20 ans repose sur le souvenir des participantes et 93 % de la cohorte était caucasienne, ce qui limite l’extrapolation directe à toutes les populations. Les chercheurs voient surtout dans la densité mammaire une piste pour mieux comprendre comment les expositions précoces peuvent laisser une empreinte durable sur le tissu mammaire et affiner, à terme, l’évaluation individuelle du risque.





