PAR PAYS

Cancer du sein : une étude identifie des âges clés pour agir sur alcool, poids et activité physique

AccueilElleBien êtreCancer du sein : une étude identifie des âges clés pour agir sur alcool, poids et activité physique

Une étude britannique menée auprès de plus de 113 700 femmes suggère que les messages de prévention du cancer pourraient gagner à cibler différemment les habitudes de vie selon l’âge. Les chercheurs ont observé que la consommation d’alcool, le tabagisme, l’activité physique et l’indice de masse corporelle (IMC) n’évoluent pas de la même manière au fil de la vie.

Publiée le 25 juillet 2026 dans Scientific Reports, l’étude exploite les données de la cohorte Generations Study, composée de femmes britanniques recrutées entre 2003 et 2009. L’âge médian au recrutement était de 48,4 ans, avec des participantes âgées de 16 à 102 ans. Les chercheurs ont utilisé jusqu’à six mesures déclarées par les participantes, recueillies rétrospectivement et prospectivement.

A Lire aussi

Les analyses montrent que la consommation d’alcool, le tabagisme et l’activité physique atteignaient leurs niveaux les plus élevés à la fin de l’adolescence, tandis que l’IMC augmentait progressivement avec l’âge pour culminer vers la fin de la soixantaine. Les femmes nées entre 1960 et 2003 présentaient en outre des trajectoires d’IMC plus élevées et des pics de consommation d’alcool et de tabac plus précoces que les générations nées entre 1908 et 1959.

Pour Marc Gunter, professeur d’épidémiologie et de prévention du cancer à l’Imperial College London, l’adolescence et le début de l’âge adulte pourraient être des périodes importantes pour soutenir l’activité physique et limiter une prise de poids rapide. Entre la trentaine et la cinquantaine, les chercheurs identifient plutôt une période où la hausse de l’IMC et la reprise de la consommation d’alcool peuvent devenir des cibles de prévention.

Ces observations intéressent notamment la prévention du cancer du sein. Cancer Research UK rappelle que maintenir un poids sain, rester physiquement active et réduire sa consommation d’alcool sont associés à une diminution du risque de développer la maladie. L’organisme précise qu’en matière de cancer, le risque lié à l’alcool augmente avec la quantité consommée.

L’étude ne démontre toutefois pas qu’une modification du comportement à un âge précis réduit directement le risque ultérieur de cancer du sein. Elle décrit des trajectoires de facteurs de risque dans une cohorte britannique et s’appuie en partie sur des informations autodéclarées. Ses résultats ne permettent donc ni de calculer le risque individuel d’une femme ni de fixer un âge unique auquel intervenir.

La Generations Study a été financée par Breast Cancer Now et l’Institute of Cancer Research. Les auteurs indiquent que les organismes financeurs n’ont participé ni à la conception de cette analyse, ni à l’interprétation des données, ni à la rédaction du manuscrit.

Sources : Scientific Reports, étude « Longitudinal trends in modifiable cancer risk factors in the Generations Study cohort in the United Kingdom » (DOI : 10.1038/s41598-026-60923-x) ; Cancer Research UK ; ITV News, 17 septembre 2026.

Sur la même thématique

Boulimie : la fréquence des crises associée à des différences cérébrales plus étendues

Une vaste analyse IRM menée dans 17 cohortes internationales associe la boulimie et la fréquence des crises d’hyperphagie à des différences structurelles cérébrales, sans établir de causalité.

Après un cancer : tai-chi et pleine conscience atténuent fatigue et douleur dans une étude

Une étude menée auprès de 587 personnes après un cancer associe pleine conscience et tai-chi/qigong à moins de fatigue et de douleur, avec un bénéfice supplémentaire du tai-chi sur le sommeil.

Ménopause : une méta-analyse estime à 54 % la fréquence des symptômes vasomoteurs en Afrique

Une revue de 41 études portant sur 28 955 femmes estime à 54,29 % la prévalence des bouffées de chaleur et sueurs nocturnes liées à la ménopause en Afrique, avec une forte hétérogénéité des données.

Hypertension : la pleine conscience pourrait modestement faire baisser la tension

Deux revues publiées en 2026 suggèrent qu’un programme structuré de pleine conscience peut contribuer à réduire la pression artérielle, tout en soulignant les limites des preuves et la nécessité de maintenir les soins habituels.

Autocompassion : une étude l’associe à un meilleur bien-être psychologique

Une étude menée auprès de 1 286 adultes canadiens associe l’autocompassion, combinée à la compassion envers les autres, à de meilleurs indicateurs de bien-être, sans démontrer de causalité.

Soins médicaux : une revue relève des traitements moins intensifs pour les femmes à profil comparable

Une revue de 41 études relève un schéma récurrent : à profil clinique comparable, les femmes reçoivent moins souvent certains traitements invasifs ou intensifs.

Dermatologie : aucun des 40 pays africains étudiés n’atteint le seuil estimé suffisant

Une étude menée dans 158 pays met en évidence de fortes inégalités d’accès aux soins dermatologiques, avec un déficit particulièrement marqué dans les pays africains étudiés.

Aidants familiaux : beaucoup souhaitent un soutien psychologique, mais peu y accèdent

Une revue de 29 études portant sur plus de 81 000 aidants met en évidence un large écart entre le soutien psychologique souhaité et celui effectivement utilisé.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!