Une étude publiée le 16 septembre 2026 dans le Journal of Clinical Oncology rapporte que des programmes de pleine conscience et de tai-chi/qigong ont atténué la fatigue et l’interférence de la douleur chez des personnes en détresse après un traitement contre le cancer, par rapport à des groupes placés sur liste d’attente. Le tai-chi/qigong a aussi amélioré la qualité du sommeil.
L’étude MATCH a porté sur 587 adultes atteints de différents types et stades de cancer, âgés en moyenne de 60,7 ans. Dans cette cohorte, 75 % des participants étaient des femmes. Les cancers du sein, de la prostate et gastro-intestinaux figuraient parmi les diagnostics les plus fréquents.
Le protocole ne reposait pas sur une randomisation classique entre les deux pratiques pour tous les participants. Ceux qui avaient une préférence pouvaient choisir soit le programme Mindfulness-Based Cancer Recovery, centré sur la pleine conscience, soit le tai-chi/qigong. Les autres étaient répartis aléatoirement entre les deux programmes. Tous étaient ensuite assignés de façon aléatoire à une intervention immédiate ou à une liste d’attente, ce qui permettait de comparer l’évolution des symptômes.
À la fin de l’intervention, le groupe tai-chi/qigong affichait une amélioration moyenne de 1,9 point sur l’échelle de qualité du sommeil par rapport au groupe d’attente, un résultat qui restait statistiquement significatif après ajustement pour l’âge, le sexe, le stade du cancer et la préférence initiale. La fatigue s’améliorait en moyenne de 3,66 points avec la pleine conscience et de 3,42 points avec le tai-chi/qigong. Les deux approches étaient également associées à une baisse de plus d’un point de l’interférence de la douleur.
Les chercheurs n’ont pas observé de différence significative entre les deux programmes pour la fatigue et la douleur. Le fait d’avoir choisi son programme plutôt que d’avoir été réparti aléatoirement ne modifiait pas non plus les résultats. Les auteurs présentent ces pratiques comme des interventions de soins de support destinées à mieux gérer des symptômes qui peuvent persister après les traitements.
Ces résultats s’inscrivent dans un ensemble de travaux convergents, mais encore hétérogènes. Une méta-analyse publiée en 2026 et réunissant neuf essais randomisés, soit 659 patients, a conclu à une amélioration de la fatigue liée au cancer et du sommeil avec le tai-chi, avec un niveau de preuve jugé modéré pour ces deux critères. Une autre synthèse de 29 essais sur la pleine conscience, portant sur 3 178 participants, a également relevé une diminution de la fatigue, tout en signalant une forte hétérogénéité entre les études.
L’étude MATCH doit donc être interprétée dans son cadre précis : elle concernait des personnes présentant une détresse après un cancer et utilisait un dispositif mêlant choix du patient et randomisation. Elle n’évalue pas un traitement du cancer lui-même. La pleine conscience et le tai-chi/qigong interviennent ici comme compléments de soins pour certains symptômes persistants, sans se substituer au suivi oncologique.





