Les proches qui accompagnent une personne atteinte d’une maladie chronique disent souvent avoir besoin d’un soutien psychologique, mais ils sont nettement moins nombreux à utiliser les services disponibles. C’est le principal constat d’une revue systématique publiée le 16 septembre 2026 dans la revue Psychology & Health, à partir de 29 études réunissant 81 167 aidants.
Les travaux analysés, publiés depuis 2005, ont été menés au Royaume-Uni et dans d’autres pays européens, aux États-Unis, au Canada et en Australie. Les aidants étudiés étaient le plus souvent des femmes, fréquemment auprès d’un conjoint ou partenaire atteint d’un cancer. D’autres accompagnaient des personnes vivant avec une maladie cardiaque, la maladie de Parkinson ou les séquelles d’un accident vasculaire cérébral.
Le décalage entre souhait et recours apparaît dans plusieurs types de soutien. Environ un tiers des aidants déclaraient vouloir un accompagnement psychologique ou du counseling, alors que moins d’un sur six y avait eu recours. Pour l’aide d’un travailleur social, 18 % exprimaient un besoin contre 9 % qui en avaient bénéficié. Et 40 % se disaient intéressés par des services publics d’information ou d’aide, contre 10 % qui les avaient effectivement utilisés.
La revue relève aussi un paradoxe : les personnes qui s’occupaient des patients les plus malades figuraient parmi celles qui accédaient le moins au soutien psychologique. Les auteurs évoquent plusieurs freins possibles, notamment le manque de temps, les contraintes financières, la difficulté à trouver une solution de relais, la stigmatisation autour de la santé mentale et le fait que certains proches ne se reconnaissent pas eux-mêmes dans le terme d’« aidant ».
Selon l’équipe, l’accès était plus fréquent lorsqu’un médecin ou un autre professionnel de santé proposait directement un soutien. Cette proposition restait toutefois peu courante dans les études examinées. Les chercheurs recommandent notamment de mieux repérer la détresse des aidants, de leur présenter clairement les possibilités d’accompagnement et de faciliter les orientations vers des services adaptés.
Une revue surtout fondée sur des données occidentales
Les résultats ne permettent pas d’estimer de la même façon la situation dans toutes les régions du monde. Les auteurs précisent que la majorité des études retenues proviennent de pays occidentaux et portent souvent sur des femmes aidant un conjoint atteint de cancer. La revue peut aussi sous-estimer l’écart entre besoin et recours, puisque certaines personnes qui apportent une aide régulière à un proche ne se considèrent pas comme des aidants et peuvent donc rester en dehors des dispositifs étudiés.
L’étude, intitulée Do carers of people with a chronic illness desire and seek psychological support? A quantitative systematic review, est signée par une équipe de l’Université de Sydney et de l’Université du Queensland. Elle est référencée sous le DOI 10.1080/08870446.2026.2697156.





