Une étude menée auprès de 1 286 adultes au Canada associe les profils combinant compassion envers soi-même, les autres humains et les animaux à de meilleurs indicateurs de bien-être et de fonctionnement psychologique. Les résultats, publiés en 2026 dans Personality and Individual Differences, montrent surtout qu’un déséquilibre marqué par une faible autocompassion est lié à des indicateurs psychologiques moins favorables, sans permettre d’établir un lien de cause à effet.
L’équipe de Bassam Khoury, professeur agrégé à l’Université McGill, et de Rodrigo C. Vergara a évalué plusieurs dimensions de la compassion, ainsi que le stress, l’anxiété, la dépression, la régulation émotionnelle et le bien-être. Les chercheurs ont identifié six profils distincts à partir des réponses recueillies.
Le profil le plus favorable regroupait les personnes déclarant un niveau élevé de compassion envers elles-mêmes, les autres humains et les animaux. À l’inverse, les profils déséquilibrés, notamment ceux où l’attention portée aux autres s’accompagnait d’une faible compassion envers soi, étaient associés à des résultats psychologiques moins favorables, selon le compte rendu publié par l’Université McGill.
Les auteurs ont également recontacté 213 participants trois mois plus tard. Les profils de compassion se sont révélés globalement stables, avec de petites variations dans les comportements déclarés. Cette seconde mesure renforce l’intérêt descriptif de l’étude, mais ne la transforme pas en essai d’intervention : les chercheurs observent des associations et ne démontrent pas que l’autocompassion améliore à elle seule la santé mentale.
Les résultats attirent notamment l’attention sur les personnes très tournées vers le soin des autres, comme les proches aidants, les parents, les enseignants ou les professionnels de santé. Dans l’échantillon étudié, le fait d’être très compatissant envers autrui tout en se montrant peu compatissant envers soi-même était associé à un bien-être moindre.
Des résultats à interpréter avec prudence
L’échantillon était principalement composé de femmes et de personnes anglophones, ce qui limite la généralisation des résultats à d’autres populations. Les mesures reposaient aussi sur des questionnaires autodéclarés. Les auteurs indiquent qu’un suivi plus long et des échantillons plus diversifiés seront nécessaires pour mieux comprendre la stabilité de ces profils.
L’étude, intitulée Latent profiles of compassion for self, other humans, and animals: A two time point study, est parue dans le volume 258 de Personality and Individual Differences sous le DOI 10.1016/j.paid.2026.113840. Une analyse publiée le 16 septembre par The Washington Post a également mis en avant la place particulière de l’autocompassion dans les résultats.





