Aucun des 40 pays de la région africaine ayant participé à une vaste enquête internationale n’atteint le niveau de dermatologues associé par les chercheurs à un accès jugé suffisant aux soins de la peau. Publiée en ligne le 26 août 2026 dans JAMA Dermatology, l’étude couvre 158 pays représentant 97 % de la population mondiale.
Les chercheurs estiment à 2,66 le nombre moyen de dermatologues pour 100 000 habitants dans les pays étudiés. À partir des réponses des pays déclarant un accès adéquat aux soins dermatologiques, ils ont calculé un seuil de référence de 5,63 spécialistes pour 100 000 habitants. Seulement 27 pays, soit 17 % de l’échantillon, atteignent ce niveau.
Les écarts sont particulièrement marqués selon le niveau de revenu. La densité moyenne tombe à 0,37 dermatologue pour 100 000 habitants dans les pays à faible revenu, contre 5,05 dans les pays à revenu élevé. Dans la région africaine, 40 des 47 pays sollicités ont répondu à l’enquête et aucun n’a franchi le seuil de 5,63 retenu par l’équipe.
L’étude relève aussi une forte concentration géographique des spécialistes : en moyenne, 79 % des dermatologues travaillent dans des zones urbaines. Par ailleurs, 42 % des pays répondants décrivent l’accès aux soins dermatologiques comme insuffisant ou extrêmement faible, et 21 % ne disposent d’aucun programme de formation en dermatologie.
Ces résultats proviennent du Global Access to Skin Health Observatory, conduit avec l’International League of Dermatological Societies. Les médecins généralistes sont cités aussi souvent que les dermatologues parmi les principaux professionnels prenant en charge les maladies de peau, tandis que les infirmiers, pharmaciens et autres soignants de première ligne jouent un rôle important dans de nombreux pays.
Les auteurs soulignent plusieurs limites. L’enquête repose sur des responsables nationaux de la dermatologie et non sur l’expérience directe des patients. Dans environ un tiers des pays, le nombre de dermatologues communiqué était une estimation ou une approximation, et tous les pays n’ont pas répondu à l’ensemble des questions. Le seuil de 5,63 spécialistes pour 100 000 habitants est donc un repère dérivé de l’enquête, et non une norme universelle fixée par l’Organisation mondiale de la santé.
Le sujet est déjà inscrit à l’agenda international. En mai 2025, l’Assemblée mondiale de la santé a adopté la résolution WHA78.15 faisant des maladies de peau une priorité mondiale de santé publique. L’OMS demande notamment de renforcer les ressources humaines, la formation, la surveillance, l’accès aux médicaments essentiels et l’intégration des soins de la peau dans les systèmes de santé.
En juillet 2026, l’OMS a soumis à consultation des documents destinés à accompagner son projet de plan d’action mondial sur les maladies de peau pour 2026-2035. Le texte prévoit notamment le renforcement des capacités des soignants de première ligne, l’amélioration de l’accès au diagnostic et au traitement, ainsi qu’une meilleure prise en compte des inégalités géographiques d’accès aux soins.





