Une étude internationale portant sur 786 participantes associe la boulimie nerveuse à plusieurs différences structurelles du cerveau mesurées par IRM. La fréquence des crises d’hyperphagie était également liée à des différences de surface corticale observées dans davantage de régions. Publiée le 16 septembre 2026 dans JAMA Psychiatry, l’étude ne permet toutefois pas de dire si ces caractéristiques précèdent le trouble ou apparaissent au cours de son évolution.
Les chercheurs ont réuni 17 cohortes provenant de 13 sites internationaux, soit 369 femmes atteintes de boulimie nerveuse et 417 participantes témoins. L’âge moyen était de 23,6 ans. Les équipes ont analysé des IRM anatomiques en trois dimensions selon un protocole harmonisé du groupe ENIGMA Eating Disorders.
Par rapport au groupe témoin, les participantes atteintes de boulimie présentaient en moyenne un volume plus faible du noyau accumbens, ainsi qu’une surface corticale plus faible dans les régions temporale supérieure et temporale transverse. Les chercheurs n’ont pas relevé de différence significative d’épaisseur corticale entre les deux groupes.
La fréquence des épisodes d’hyperphagie était, elle, associée à une surface corticale plus faible dans plusieurs régions supplémentaires, notamment l’insula et des zones frontales et cingulaires. Aucune caractéristique anatomique étudiée n’était associée au nombre total de comportements compensatoires. Ces résultats sont des associations statistiques observées à l’échelle de groupes et ne constituent ni un outil de diagnostic individuel ni une preuve de causalité.
Les auteurs estiment que ces observations renforcent les recherches sur les circuits impliqués dans la récompense, le contrôle cognitif, la perception des signaux corporels et la cognition sociale. La portée de l’étude reste néanmoins limitée par sa conception transversale et par un échantillon exclusivement féminin : elle ne permet pas de savoir dans quel sens s’établit la relation entre les symptômes et les différences cérébrales.
La boulimie nerveuse est un trouble des conduites alimentaires caractérisé par des épisodes répétés d’hyperphagie avec perte de contrôle, suivis de comportements compensatoires. Le National Institute of Mental Health rappelle que les troubles alimentaires peuvent être traités et que la prise en charge peut associer psychothérapie, suivi médical et accompagnement nutritionnel. Une personne qui se reconnaît dans ces symptômes peut en parler à un professionnel de santé.





