Africa CDC a demandé mardi 3 novembre à l’Arabie saoudite de revoir et de lever les restrictions de voyage imposées au Kenya en raison d’Ebola, estimant que les mesures générales ne correspondent pas à la situation épidémiologique actuelle.
L’agence sanitaire de l’Union africaine a indiqué que le Kenya avait recensé neuf cas confirmés, dont deux décès, tous rattachés à une seule chaîne de transmission. Aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 19 octobre et aucune transmission durable dans la population n’a été mise en évidence.
Selon Africa CDC, cinq patients ont pu sortir de l’unité de traitement mardi après des tests PCR négatifs. Quarante-six personnes ont également achevé leur période de surveillance de vingt et un jours, tandis que le suivi des autres contacts et les contrôles aux points d’entrée se poursuivent.
La prise de position vise les restrictions annoncées par Riyad à la fin octobre. Les autorités sanitaires kényanes ont contesté ces mesures, qui affectent les déplacements et les visas, en faisant valoir que l’épidémie demeure circonscrite à un groupe de contacts identifié.
L’Organisation mondiale de la Santé déconseille les restrictions générales de voyage et de commerce sur la base des informations disponibles. Elle privilégie la surveillance, le dépistage, le suivi des contacts, l’isolement des cas et la coopération transfrontalière.
Le premier malade recensé au Kenya était arrivé de la République démocratique du Congo au début d’octobre après un transit par l’Ouganda. Son diagnostic avait déclenché une recherche des contacts dans plusieurs pays, et les infections confirmées depuis lors sont restées liées à ce premier groupe.
Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, a averti que des mesures trop larges pouvaient perturber les échanges, séparer des familles et décourager la déclaration rapide de nouvelles flambées. Il a demandé à Riyad de dialoguer avec Nairobi, Africa CDC et l’OMS afin de conserver uniquement des mesures proportionnées au risque.
Le ministère kényan de la Santé a indiqué mardi que la surveillance restait active dans vingt-six points d’entrée. Il affirme avoir formé plus de 4 900 soignants, placé 349 équipes d’intervention en alerte et désigné cinq laboratoires capables de réaliser les analyses nécessaires.





