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mardi 3 novembre 2026
Santé · Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire retient 19 priorités pour renforcer les soins de santé mentale

Une feuille de route 2026-2030 prévoit un financement dédié, davantage de services de proximité et un cadre légal pour protéger les patients.

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Le professeur Koua Asséman Médard, directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale
Le professeur Koua Asséman Médard, directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale. Photo d’archives OMS Afrique. OMS Afrique, portrait d’archive du professeur Koua Asséman Médard. Usage journalistique avec attribution selon les conditions de la photothèque OMS. Source https://www.afro.who.int/sites/default/files/2023-10/Pr%20Koua%20PNSM_CI.jpg

La Côte d’Ivoire a retenu dix-neuf actions prioritaires dans une feuille de route nationale 2026-2030 sur la santé mentale, à l’issue d’un dialogue multisectoriel achevé vendredi 30 octobre 2026 à Abidjan, selon le Programme national de santé mentale.

Le document organise les interventions autour de quatre axes. Ils portent sur la gouvernance et le financement, l’accès aux services, la prévention ainsi que l’amélioration de l’information sanitaire et de la recherche.

Parmi les mesures annoncées figurent la création d’une ligne budgétaire consacrée à la santé mentale, le renforcement des personnels généralistes et spécialisés, une meilleure disponibilité des médicaments psychotropes et l’intégration de ces soins dans les services de santé de proximité. La feuille de route prévoit aussi un cadre législatif destiné à protéger les droits des personnes vivant avec des troubles mentaux.

Le gouvernement vise une intégration progressive de la santé mentale dans le panier de soins de la Couverture maladie universelle et prévoit de mobiliser des ressources supplémentaires à partir de 2027. Les enfants, les adolescents, les jeunes, les femmes et les populations indigentes font partie des publics identifiés comme prioritaires.

Cette feuille de route intervient alors que l’accès aux soins reste limité. Des données présentées en octobre par le Programme national de santé mentale et l’Hôpital psychiatrique de Bingerville estiment que plus de 70 % des personnes vivant avec un trouble psychique ne bénéficient pas de soins adéquats. Elles font également état de plus de 500 structures non conventionnelles pour une trentaine de centres de soins conventionnels.

Le ministère de la Santé travaille parallèlement sur un avant-projet de loi consacré à la prévention et à la prise en charge. Le texte doit notamment encadrer les admissions, renforcer le contrôle des structures privées, garantir l’accès aux médicaments essentiels et interdire les traitements dégradants.

La Radiodiffusion télévision ivoirienne a indiqué que le déploiement du programme de l’Organisation mondiale de la santé destiné à combler les lacunes de prise en charge devait être élargi après une expérimentation à Bouaké. Ce dispositif doit permettre à des soignants non spécialistes de mieux repérer et accompagner certains troubles dans les services de première ligne.

Le Programme national de santé mentale maintient le 143 comme numéro national d’assistance psychologique et de prévention du suicide pour l’écoute, l’aide et l’orientation.

Kassim Doumbia

Les articles publiés sous la signature Kassim Doumbia sur BeNews portent notamment sur les célébrités, le football et l’économie.

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