La période transitoire qui permettait la coexistence des anciens emballages et des paquets de tabac neutres s’achève mardi 3 novembre en Côte d’Ivoire. Ce délai de trois mois avait été accordé aux fabricants et aux distributeurs pour écouler les stocks antérieurs à la nouvelle réglementation.
Le ministre de la Santé, Pierre Dimba, avait annoncé le 30 juillet que la commercialisation des produits du tabac sous leur conditionnement standardisé commencerait le 3 août sur l’ensemble du territoire. L’échéance de ce mardi met fin à la tolérance explicitement prévue jusqu’au 3 novembre pour les paquets encore présentés sous leur ancien habillage.
Le conditionnement neutre supprime les logos, les couleurs distinctives et les éléments promotionnels qui différencient visuellement les marques. Les noms des marques et des produits restent inscrits selon une présentation standardisée, tandis que les mises en garde sanitaires occupent une place renforcée sur les emballages.
La réforme s’inscrit dans le cadre de la loi ivoirienne du 23 juillet 2019 relative à la lutte antitabac et du décret du 26 janvier 2022 consacré aux avertissements sanitaires, au conditionnement, à l’étiquetage et à la commercialisation. Le ministère du Commerce publie également les textes d’application qui encadrent les caractéristiques des emballages et la mise sur le marché des produits concernés.
Avec cette mesure, la Côte d’Ivoire est devenue le deuxième pays africain à appliquer le conditionnement neutre après Maurice, selon la Radiodiffusion télévision ivoirienne et l’Alliance africaine pour le contrôle du tabac. Le dispositif couvre les cigarettes ainsi que les autres produits du tabac soumis aux règles nationales de commercialisation.
Les autorités présentent cette réforme comme un moyen de réduire l’attrait du tabac, notamment auprès des adolescents. Le ministère de la Santé rapporte que l’usage du tabac chez les jeunes de 13 à 15 ans est passé de 14,7 pour cent en 2009 à 4,5 pour cent en 2023. La même enquête indique que 14,4 pour cent des garçons et 6,6 pour cent des filles de cette tranche d’âge avaient déjà utilisé une cigarette électronique en 2023.
La conformité du marché restait toutefois incomplète au début de la période transitoire. À la fin du mois d’août, le Comité universitaire pour la lutte contre la drogue et les autres pandémies indiquait que quatre marques respectaient entièrement les nouvelles exigences, tandis que d’autres paquets non conformes demeuraient dans les points de vente.
L’organisation demandait alors un renforcement des contrôles chez les importateurs, grossistes et détaillants, ainsi que le retrait des emballages non conformes après l’expiration du délai de transition.





