Un accompagnement nutritionnel individualisé de huit semaines a été associé à une diminution des symptômes du syndrome prémenstruel (SPM) chez 44 femmes suivies en Turquie, selon une étude publiée le 18 septembre 2026 dans BMC Women’s Health. Les auteurs insistent toutefois sur une limite majeure : l’étude ne comportait pas de groupe témoin et ne permet donc pas d’attribuer l’amélioration observée à l’alimentation seule.
Les participantes, âgées de 25 à 49 ans et en situation de surpoids ou d’obésité, ont reçu un suivi nutritionnel personnalisé. Leur score moyen à l’échelle PMSS, utilisée pour mesurer la sévérité des symptômes prémenstruels, est passé de 116,11 à 96,52 points après huit semaines, soit une baisse moyenne de 19,59 points.
Les chercheurs rapportent également une amélioration du bien-être psychologique, de la flexibilité cognitive et de certains symptômes gastro-intestinaux. Plusieurs paramètres métaboliques et anthropométriques ont évolué, mais ces résultats secondaires étaient exploratoires et n’ont pas été ajustés pour les comparaisons multiples.
Ces données rejoignent un essai randomisé publié dans Nutrition and Health et portant sur 83 étudiantes infirmières diagnostiquées avec un SPM. Après une séance d’éducation nutritionnelle suivie de rappels, le score global des symptômes a diminué de 27,5 points dans le groupe d’intervention au bout de quatre mois, tandis qu’aucun changement significatif n’a été observé dans le groupe témoin.
Une revue systématique de 31 essais randomisés, réunissant 3 254 participantes, avait par ailleurs relevé des résultats favorables pour certaines interventions autour de la vitamine B6, du calcium et du zinc sur les symptômes psychologiques du SPM. Les auteurs soulignaient toutefois que la qualité des preuves restait limitée : une seule des études incluses présentait un faible risque de biais.
Ce que les recommandations retiennent
L’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) cite les ajustements alimentaires parmi les mesures pouvant aider certaines femmes : privilégier les glucides complexes et les aliments riches en calcium, limiter le sel, les sucres, les graisses, la caféine et l’alcool, et répartir davantage les prises alimentaires. L’organisation avertit cependant que les compléments ne sont pas anodins et recommande d’en parler avec un professionnel de santé avant d’en prendre.
La nouvelle étude ne permet donc pas de définir un « régime anti-SPM » applicable à toutes les femmes. Elle renforce plutôt l’hypothèse qu’un accompagnement nutritionnel structuré peut faire partie d’une prise en charge individualisée, à confirmer par des essais randomisés plus larges et mieux contrôlés.
Lorsque les symptômes prémenstruels perturbent fortement l’humeur, le sommeil, le travail ou les activités quotidiennes, une consultation médicale permet d’écarter d’autres causes et de discuter les options de prise en charge adaptées.





