Environ une femme sur dix dans le monde vit avec une maladie rénale chronique, mais le diagnostic peut être tardif et l’accès à certains traitements reste moins fréquent chez les femmes que chez les hommes. L’American Heart Association (AHA) le souligne dans une nouvelle déclaration scientifique publiée jeudi 17 septembre 2026 dans la revue Circulation.
Le document appelle à mieux intégrer les particularités biologiques et les différentes étapes de la vie des femmes dans la prise en charge rénale. L’AHA cite notamment la santé menstruelle, la grossesse, le post-partum, la ménopause et certaines maladies auto-immunes, ainsi que des facteurs sociaux susceptibles de retarder l’accès aux soins.
La déclaration attire aussi l’attention sur l’estimation de la fonction rénale à partir de la créatinine. Comme cette substance dépend en partie de la masse musculaire, généralement plus faible chez les femmes, certaines estimations peuvent moins bien refléter la fonction rénale réelle et contribuer à une reconnaissance plus tardive de la maladie.
Les liens entre santé rénale et santé reproductive sont également mis en avant. Chez les femmes atteintes de maladie rénale chronique, la grossesse peut accroître le risque de complications et de progression de la maladie. À l’inverse, une prééclampsie peut signaler un risque ultérieur plus élevé de maladie rénale, de maladie cardiovasculaire ou d’AVC. L’AHA relève aussi une association entre ménopause précoce et risque rénal accru.
Les écarts persistent jusque dans les traitements les plus lourds. Selon la déclaration, les femmes commencent souvent la dialyse à un stade plus avancé de perte de fonction rénale et reçoivent moins fréquemment une greffe. À l’échelle mondiale, les hommes bénéficient d’environ 30 % de greffes rénales de plus que les femmes, avec des disparités encore plus marquées dans certains pays à revenu faible ou intermédiaire.
Des dépistages et des essais cliniques à mieux adapter
L’AHA recommande d’intégrer davantage l’histoire reproductive dans le suivi rénal, d’inclure suffisamment de femmes dans les essais cliniques et d’analyser plus systématiquement les résultats selon le sexe. L’objectif est de mieux détecter la maladie, d’ajuster les traitements et de comprendre comment les différentes étapes hormonales influencent la santé des reins.
La maladie rénale chronique peut rester silencieuse pendant longtemps. Chez les personnes à risque, notamment en cas d’hypertension ou de diabète, l’évaluation repose notamment sur des analyses sanguines de la fonction rénale et sur la recherche de protéines dans les urines. La nouvelle déclaration de l’AHA insiste sur l’intérêt d’une prise en charge plus précoce et mieux adaptée aux femmes.





