Après un cancer du sein, la fin des traitements ne signifie pas toujours le retour à une vie intime sans difficulté. Une étude qualitative menée auprès de 31 survivantes âgées de 32 à 72 ans décrit des problèmes persistants de désir, de confort, d’image corporelle et de communication, ainsi qu’un manque fréquent de discussions sur la sexualité dans le suivi médical.
Le travail, publié en ligne le 23 juillet 2026 dans The Journal of Sex Research, repose sur des entretiens semi-directifs et des récits écrits. Les participantes avaient été recrutées par les réseaux sociaux, des réseaux hospitaliers et des organisations communautaires. Les chercheurs ont analysé leurs expériences afin de construire un modèle de l’adaptation sexuelle après les traitements.
Trois dimensions ressortent. La première concerne les effets corporels, avec notamment la douleur, la sécheresse vaginale, la baisse du désir, les cicatrices et les changements de l’image de soi. La deuxième porte sur la relation de couple : soutien du partenaire, communication et proximité émotionnelle. La troisième regroupe les normes sociales, la stigmatisation et la manière dont les professionnels de santé abordent, ou non, la sexualité.
Les auteurs distinguent également plusieurs trajectoires. Certaines femmes décrivent une rupture durable marquée par la honte, l’isolement ou des difficultés d’intimité. D’autres rapportent une adaptation progressive, favorisée par le dialogue et le soutien, tandis qu’un troisième groupe décrit une reconstruction de la sexualité autour d’une nouvelle perception de soi. Dans les récits recueillis, la réaction du partenaire apparaît comme un élément important de cette évolution.
La place accordée à ces questions dans les soins constitue un autre point saillant. Selon les participantes, les consultations après le cancer étaient surtout centrées sur la maladie, les traitements et la survie, alors que les effets sur le désir, les rapports douloureux, l’image corporelle ou la relation étaient rarement abordés spontanément. Les chercheurs plaident pour que la santé sexuelle fasse davantage partie des échanges de suivi.
Ce constat rejoint d’autres travaux sur la survivance après un cancer du sein. Un protocole de recherche du National Cancer Institute Community Oncology Research Program décrit les difficultés sexuelles après les traitements comme un problème fréquent, éprouvant et encore insuffisamment pris en charge. Il évalue actuellement une intervention en ligne destinée à mieux répondre à ces besoins après le traitement.
Les résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. L’étude porte sur 31 participantes et cherche à comprendre des expériences plutôt qu’à mesurer leur fréquence dans l’ensemble des survivantes. Son approche qualitative ne permet pas non plus d’établir qu’un facteur, comme le soutien du partenaire ou la communication médicale, cause à lui seul une meilleure récupération. Les conclusions ne peuvent donc pas être directement généralisées à tous les contextes de soins, notamment en Côte d’Ivoire.
Sources : The Journal of Sex Research / PubMed ; Griffith University ; National Cancer Institute Community Oncology Research Program / JMIR Research Protocols.





