Le « mankeeping », terme utilisé pour désigner le travail par lequel certaines femmes compensent le manque de liens sociaux de leur partenaire masculin, est associé à davantage de détresse psychologique et à une satisfaction relationnelle plus faible, selon une étude publiée le 8 juillet 2026 dans la revue Sex Roles. Les chercheurs ont développé et validé un outil destiné à mesurer cette charge relationnelle encore peu étudiée.
La recherche repose sur deux échantillons de femmes engagées dans une relation hétérosexuelle : 402 participantes vivant aux États-Unis et 395 au Royaume-Uni. Les auteurs ont d’abord construit une échelle de 46 questions couvrant six dimensions du phénomène, puis validé une version courte de 18 questions sur l’ensemble des 797 participantes.
Dans les analyses, cinq des six dimensions mesurées étaient associées à davantage de dépression, d’anxiété ou de stress déclarés. Les six dimensions étaient également liées à une satisfaction de couple plus faible et à davantage de sentiment de charge et d’épuisement relationnel.
Le concept ne désigne pas simplement le fait de soutenir son partenaire. Il vise plus précisément les situations où une femme prend en charge une part importante de la vie sociale ou émotionnelle d’un homme pour compenser un réseau de soutien jugé insuffisant : encourager les contacts avec des amis, organiser des interactions sociales ou devenir sa principale source de soutien émotionnel.
Les chercheurs observent aussi que les femmes ayant des conceptions plus traditionnelles des rôles de genre déclaraient davantage de comportements relevant du « mankeeping ». Parmi les dimensions étudiées, le sentiment que les efforts de soutien ne sont pas reconnus était particulièrement lié à une moindre satisfaction dans la relation.
Une association, pas une preuve de causalité
Les auteurs appellent toutefois à la prudence. L’étude est transversale et repose sur des réponses auto-déclarées : elle ne permet donc pas d’affirmer que le « mankeeping » provoque directement stress, anxiété, dépression ou insatisfaction conjugale. Il est également possible que certaines perceptions de la relation influencent la manière dont les participantes évaluent les besoins sociaux de leur partenaire.
L’échelle a montré un fonctionnement comparable dans les échantillons américain et britannique, mais les chercheurs soulignent que les participantes étaient issues de contextes majoritairement occidentaux et blancs. Les résultats ne peuvent pas être transposés automatiquement à la Côte d’Ivoire ou à d’autres environnements culturels sans validation locale.
Le terme « mankeeping » avait été théorisé en 2024 par Angelica Ferrara et Dylan Vergara pour décrire une forme de travail émotionnel et social non réciproque liée au recul de certains réseaux amicaux masculins. La nouvelle étude fournit surtout un instrument de mesure pour de futurs travaux, notamment des recherches longitudinales et une version permettant aussi d’étudier le point de vue des hommes.





