Davantage de sommeil paradoxal (REM) et de sommeil profond est associé à un risque plus faible de plusieurs dizaines de maladies, selon une étude publiée le 17 septembre 2026 dans PLOS Medicine à partir des données de 95 559 participants de la UK Biobank. Les auteurs soulignent toutefois que leur travail, observationnel, ne permet pas de conclure que ces phases de sommeil protègent directement contre ces maladies.
Les participants ont porté un accéléromètre au poignet pendant sept jours et sept nuits. Les chercheurs ont utilisé un algorithme d’apprentissage profond pour estimer les phases REM, légère et profonde, la durée totale du sommeil, les périodes d’éveil après l’endormissement et l’irrégularité d’une nuit à l’autre. Les dossiers médicaux ont ensuite été suivis pendant une durée médiane de 8,9 ans, avec 1 049 issues de santé analysées.
Une durée plus importante de sommeil REM, mesurée par tranche interquartile de 47,6 minutes, était associée à un risque plus faible de 83 maladies dans l’analyse, notamment l’insuffisance cardiaque, les démences et la maladie de Parkinson. Une durée plus importante de sommeil profond était, elle, associée à un risque plus faible de sept affections, parmi lesquelles le diabète de type 2 et le trouble dépressif majeur.
La durée totale du sommeil présentait une relation non linéaire avec le risque de maladie. Pour 69 des phénotypes étudiés, la zone de risque minimal observée se situait entre six et huit heures de sommeil. Les personnes dormant moins de cinq heures cumulaient 37 des 41 associations défavorables significatives relevées par rapport au groupe de référence dormant entre six et huit heures. Cette fenêtre observée dans la cohorte ne constitue pas, à elle seule, une recommandation individuelle de durée de sommeil.
L’irrégularité du sommeil et les périodes d’éveil après l’endormissement étaient également associées à un risque plus élevé de plusieurs troubles, dont certains troubles anxieux et liés à l’usage de substances. Au total, l’étude a identifié 156 associations significatives entre les caractéristiques du sommeil et l’apparition de maladies après correction statistique.
La principale limite signalée par les chercheurs tient au caractère observationnel de l’étude : des facteurs non mesurés peuvent encore influencer les résultats et aucun lien de cause à effet ne peut être établi. Les phases de sommeil ont par ailleurs été estimées à partir de données d’accéléromètre au poignet et d’un algorithme, et non mesurées directement par polysomnographie chez chaque participant.
Une étude publiée en 2024 dans Nature Medicine, portant sur 6 785 participants du programme américain All of Us suivis avec des objets connectés, avait déjà associé davantage de sommeil REM et profond à un moindre risque de certaines maladies chroniques, tandis qu’un sommeil plus irrégulier était lié à plusieurs troubles cardiométaboliques et psychiatriques.





