Des femmes confrontées simultanément à des douleurs après l’accouchement et à des symptômes dépressifs ont décrit des difficultés accrues à prendre soin d’elles-mêmes et de leur bébé, à allaiter et à créer le lien avec l’enfant, selon une étude qualitative publiée le 12 août 2026 dans le Canadian Journal of Nursing Research et remise en avant le 21 septembre par l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign.
L’étude a porté sur 20 femmes d’origines raciales et ethniques diverses ayant toutes connu des douleurs post-partum et des symptômes dépressifs. Les données ont été recueillies entre août 2022 et janvier 2024 au moyen d’entretiens, puis analysées par thèmes. Les participantes avaient accouché au cours de l’année précédente.
Neuf participantes présentaient encore douleurs et symptômes dépressifs au moment de l’entretien, tandis que onze les avaient connus auparavant. Selon l’équipe de recherche, la césarienne était la cause de douleur la plus fréquemment rapportée, devant notamment les déchirures, les crampes abdominales et les douleurs au dos, aux hanches, aux seins ou au vagin.
Plusieurs femmes ont expliqué que la douleur réduisait leur énergie disponible pour les soins personnels et ralentissait certains gestes auprès du nourrisson. Les entretiens font également ressortir des difficultés d’allaitement, de lien mère-enfant et de relations avec l’entourage lorsque douleur et symptômes dépressifs se cumulaient.
Ces résultats ne permettent toutefois ni d’estimer la fréquence de cette situation dans la population générale ni d’établir qu’un trouble provoque l’autre. L’échantillon est réduit, toutes les participantes avaient déjà connu les deux types de symptômes et l’étude repose sur une approche qualitative destinée à documenter leur expérience plutôt qu’à mesurer un effet causal.
Douleur et santé mentale, deux suivis à rapprocher
L’American College of Obstetricians and Gynecologists recommande un dépistage de la dépression et de l’anxiété pendant la grossesse puis lors des consultations post-partum, avec des dispositifs permettant une évaluation, un traitement et un suivi adaptés en cas de résultat positif. Les auteurs de la nouvelle étude relèvent que douleur physique et santé mentale sont encore souvent évaluées séparément alors qu’elles peuvent se chevaucher après l’accouchement.
Les participantes ont surtout demandé davantage d’informations sur les douleurs et la santé mentale après la naissance, un accès plus simple aux ressources de soins et, pour certaines, des visites à domicile. L’équipe de l’Illinois utilise désormais ces constats pour développer et tester un dispositif de suivi destiné aux femmes à risque élevé après une césarienne.





