Des femmes ménopausées ayant suivi un programme d’exercice aérobique pendant six mois ont davantage amélioré certaines fonctions exécutives que celles affectées à des exercices d’étirement et de tonification, selon une analyse publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease. Le résultat concerne notamment la capacité à planifier, changer de tâche et résister aux distractions, mais il provient d’un essai de petite taille et doit être confirmé.
Les chercheurs ont analysé les données de 93 femmes en bonne santé cognitive, âgées de 20 à 67 ans, dont 43 % étaient ménopausées. Les participantes avaient été réparties aléatoirement entre un programme aérobique et un programme d’étirements et de tonification, à raison de quatre séances par semaine pendant six mois. Le groupe aérobique pouvait utiliser un tapis de course, un vélo stationnaire ou un appareil elliptique.
Après trois puis six mois, les femmes ménopausées du groupe aérobique ont montré une progression plus marquée des fonctions exécutives que celles du groupe témoin. L’analyse tenait compte de l’âge, du niveau d’éducation et des performances cognitives de départ. En revanche, les chercheurs n’ont pas observé le même effet sur la vitesse de traitement de l’information.
Le bénéfice n’a pas non plus été retrouvé de façon claire dans les analyses exploratoires portant sur l’attention, la mémoire de travail, la mémoire épisodique ou le langage. Sur les 93 participantes initiales, 76 ont terminé au moins trois mois d’intervention et 66 ont suivi les six mois complets.
Les auteurs soulignent plusieurs limites. Il s’agit d’une analyse secondaire d’un essai qui n’avait pas été conçu spécifiquement pour comparer les femmes avant et après la ménopause, l’échantillon reste réduit et l’éventail d’âge est large. Les participantes avaient aussi, au départ, une condition cardiovasculaire inférieure à la moyenne. L’étude ne permet donc pas de conclure que l’exercice aérobique prévient à lui seul le déclin cognitif ou la démence. Les chercheurs n’ont par ailleurs pas observé de modification significative de l’estradiol susceptible d’expliquer le résultat.
Une activité déjà recommandée pour la santé générale
Ces données s’ajoutent aux recommandations générales sur l’activité physique sans créer une prescription particulière pour la ménopause. L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de cumuler chaque semaine 150 à 300 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée, ou 75 à 150 minutes d’activité vigoureuse, et d’ajouter du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.
La marche rapide, le vélo, la natation ou d’autres activités qui augmentent le rythme cardiaque peuvent contribuer à cet objectif. Pour les femmes qui reprennent une activité après une longue période d’inactivité ou qui vivent avec une maladie chronique, l’intensité et la progression doivent être adaptées à leur situation.





