Une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées a tué au moins 24 civils dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 novembre à Cantine-Aloya, au Nord-Kivu, et provoqué la fuite de patients et de contacts à haut risque suivis pour Ebola dans un centre hospitalier local.
Radio Okapi a établi un bilan provisoire de 24 morts à Cantine, tandis que Reuters et l’Associated Press ont rapporté la découverte de 33 corps sur la base d’un décompte de la société civile. Un responsable territorial cité par Reuters a déclaré que les autorités ne pouvaient pas encore établir de bilan officiel, de fortes pluies ayant ralenti les opérations et les investigations.
Le directeur médical du centre hospitalier de Kelekele, Christian Kakule, a déclaré à l’Associated Press que 180 patients avaient quitté l’établissement pendant l’attaque, parmi lesquels figuraient des cas suspects et un cas confirmé d’Ebola. Des contacts à haut risque placés sous observation ont également pris la fuite.
Reuters a précisé que le groupe comprenait un patient dont l’infection était confirmée, cinq cas suspects et trois contacts à haut risque. Les assaillants ont aussi incendié un poste de santé pendant leur incursion à Cantine-Aloya, selon l’agence.
Les hommes armés sont entrés dans Cantine vers 23 heures et ont incendié des habitations ainsi que des commerces avant de se replier vers la forêt, selon Radio Okapi. Des opérations de poursuite ont été lancées vendredi par les forces conjointes congolaises et ougandaises, appuyées par des combattants Wazalendo.
Les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique, multiplient les attaques contre les civils dans l’est de la RDC. L’incursion de Cantine intervient alors que l’insécurité entrave la surveillance et la prise en charge de l’épidémie d’Ebola dans le Nord-Kivu.
L’Organisation mondiale de la santé recensait au 3 novembre 10 668 cas confirmés et 5 198 décès en RDC depuis le début de la flambée provoquée par le virus Bundibugyo. Deux nouveaux candidats-vaccins doivent intégrer l’essai clinique en cours, selon une annonce de l’OMS publiée le 4 novembre.




