L’armée nigériane a démenti jeudi 5 novembre à Abuja l’existence de tout cessez-le-feu avec Boko Haram ou la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique, connue sous le sigle ISWAP, et a affirmé que ses opérations se poursuivaient contre les groupes armés.
Le directeur de l’information de la Défense, le général de division Samaila Uba, a formulé ce démenti lors d’un point de presse conjoint des services de défense, de sécurité et de renseignement organisé au Centre national de lutte contre le terrorisme. Il a assuré que les forces armées continueraient à faire pression sur les insurgés, les ravisseurs et les autres groupes criminels.
Cette déclaration répond à une enquête publiée le 7 septembre par The New Humanitarian. Le média avait rapporté, sur la foi de trois sources en contact avec des responsables de Boko Haram, qu’un arrangement était en vigueur depuis juin avec la faction dirigée par Bakura Doro. Le gouvernement nigérian et l’état-major n’avaient pas répondu aux demandes de commentaire avant cette publication.
Selon cette enquête, l’accord présumé était lié à la libération en juin de 360 civils enlevés trois mois plus tôt à Ngoshe, dans l’État de Borno, près de la frontière avec le Cameroun. Il ne concernait pas l’ISWAP, faction rivale active autour du lac Tchad, alors que le démenti de jeudi vise à la fois Boko Haram, l’ISWAP et les autres groupes armés.
Pour étayer la poursuite de ses opérations, l’état-major a présenté son bilan des mois de septembre et octobre. Il affirme avoir conduit 588 opérations dans les six zones géopolitiques du pays, tué 435 personnes qualifiées de terroristes ou de bandits, arrêté 809 suspects et obtenu la reddition de 198 insurgés.
La Défense dit aussi avoir libéré 717 personnes enlevées et récupéré 5 666 armes, munitions, explosifs et engins explosifs improvisés. Elle cite notamment des interventions à Buni Yadi, Baga, Kukawa, Bittai et dans la forêt d’Owo, ainsi que la destruction de 57 sites de raffinage illégal dans le delta du Niger.
Le démenti intervient alors que les attaques de Boko Haram et de l’ISWAP contre des positions militaires ont augmenté ces dernières semaines dans le nord-est du Nigeria. L’insurrection, déclenchée en 2009, s’est progressivement étendue au bassin du lac Tchad et continue de toucher les zones frontalières du Niger, du Tchad et du Cameroun.





