Une commission fédérale nigériane a conclu mardi 27 octobre à Abuja que 37 mineurs artisanaux soupçonnés d’exploitation illégale étaient morts d’asphyxie dans une cellule surpeuplée du Nigeria Security and Civil Defence Corps à Minna, dans l’État du Niger. Ces conclusions écartent l’hypothèse initiale d’une épidémie avancée après les décès survenus le 17 septembre.
Selon le président de la commission, Jonathan Kure, environ 50 hommes avaient été enfermés dans un espace d’environ 20 mètres carrés. La mauvaise ventilation, la chaleur, la déshydratation et l’absence de réponse aux signaux de détresse ont provoqué une insuffisance respiratoire aiguë, d’après les éléments présentés au ministre de l’Intérieur Olubunmi Tunji-Ojo.
La commission dit avoir inspecté le lieu de détention à Minna, pratiqué des autopsies, recueilli les déclarations d’agents du NSCDC, de survivants, de proches et de témoins, puis examiné des dossiers médicaux, des documents de détention et des éléments médico-légaux. Elle attribue le drame à des défaillances institutionnelles et à un manquement au devoir de protection des personnes détenues.
Le rapport recommande le versement de 30 millions de nairas à chacune des familles endeuillées et de 10 millions de nairas à chacun des 41 survivants. Il préconise aussi une réforme de la direction du NSCDC, selon Reuters, tandis que les autorités n’ont pas encore détaillé les suites disciplinaires ou judiciaires qu’elles comptent donner aux conclusions.
Les victimes avaient été interpellées les 15 et 16 septembre lors d’opérations menées autour du quartier Mohammed Inuwa Wushishi à Minna. Le gouvernement avait ensuite suspendu le commandant du NSCDC dans l’État du Niger et vingt autres agents pendant l’enquête.
Le président Bola Tinubu avait ordonné une investigation complète après l’annonce des décès. Le ministère de l’Intérieur avait constitué le 19 septembre une commission indépendante de dix membres chargée d’établir les circonstances des arrestations, de la détention et des morts, puis de déterminer d’éventuelles responsabilités.
Le NSCDC n’avait pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire de Reuters sur les conclusions. Le rapport apporte toutefois une cause officielle aux décès, après plusieurs semaines de contestation par les survivants de la version évoquant une maladie.





