Les plantations de cacao du sud de la Côte d’Ivoire abritent au moins 1,05 milliard de jeunes arbres poussés spontanément, selon une étude publiée le 20 octobre 2026 dans la revue Restoration Ecology et présentée mardi 27 octobre par le CIRAD. Ce stock naturel pourrait accélérer la restauration du couvert forestier si les producteurs protègent les pousses déjà installées au lieu de miser uniquement sur de nouvelles plantations.
Les chercheurs de l’Université Félix Houphouët-Boigny, du CIRAD et de leurs partenaires ont recensé 272 espèces dans 145 cacaoyères réparties sur 15 sites. Leur inventaire a porté sur 725 placettes et sur les arbres spontanés de moins de dix centimètres de diamètre, y compris de très jeunes plantules.
L’estimation nationale a été calculée à partir d’une densité volontairement prudente rapportée aux quelque 3,7 millions d’hectares du verger cacaoyer ivoirien. Les auteurs préviennent ainsi que le nombre réel pourrait être supérieur, tout en présentant leur résultat comme un minimum et non comme un comptage exhaustif.
Protéger les pousses avant de replanter
L’étude montre que la régénération est plus abondante et plus diversifiée lorsque les producteurs conservent des arbres adultes au sein des plantations. Ces arbres facilitent la dispersion des graines par le vent et les animaux, puis créent des conditions favorables au développement des jeunes pousses.
Les scientifiques recommandent donc de faire de la régénération naturelle assistée une voie centrale de la restauration dans les cacaoyères déjà riches en arbres associés. Cette approche consiste à identifier, protéger et accompagner les pousses existantes. Elle peut réduire les coûts liés à la production de plants, au transport et à la mise en terre.
La plantation d’arbres reste toutefois nécessaire dans les parcelles jeunes et peu diversifiées, particulièrement lorsqu’elles ont été établies sur des terres qui n’étaient pas forestières. Les auteurs préconisent aussi de réserver l’enrichissement aux espèces forestières qui se régénèrent difficilement loin des massifs encore présents.
Un levier pour la stratégie forestière
La Côte d’Ivoire est passée d’environ 16 millions d’hectares de forêt au début du XXe siècle à moins de 3 millions aujourd’hui, selon le CIRAD. L’expansion agricole, dont celle du cacao, a fortement contribué à ce recul. La stratégie nationale de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts vise à rétablir un couvert forestier représentant au moins 20 % du territoire.
Les résultats apportent une option complémentaire aux pépinières et aux campagnes de reboisement. Ils s’inscrivent dans les recherches du programme Cocoa4Future et ont été obtenus avec la participation de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny et du ministère ivoirien des Eaux et Forêts.





