Le gouvernement ivoirien a engagé jeudi 22 octobre à Abidjan l’élaboration d’un programme national destiné à restaurer les sols, les ressources en eau et le couvert végétal dégradés par l’orpaillage illégal, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement.
Le dispositif doit cartographier les sites touchés, mesurer leur niveau de pollution et traiter en priorité les zones présentant les risques les plus élevés. Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a présenté cette démarche à l’ouverture d’un atelier national consacré aux conséquences environnementales et sanitaires de l’activité clandestine.
Selon le ministère, plus de 8 500 opérations de démantèlement ont été menées entre 2021 et le premier semestre 2026. Sur la même période, 4 474 personnes ont été déférées devant les autorités judiciaires.
Les autorités estiment les pertes fiscales annuelles liées à l’orpaillage illégal entre 100 et 150 milliards de francs CFA. La consommation de mercure associée à cette activité atteindrait environ 13 tonnes par an, avec des risques persistants pour les sols, les cours d’eau et les communautés riveraines.
Le PNUD accompagne également un projet pilote dans la région du N’Zi, selon les éléments présentés par sa représentante résidente Blerta Cela et rapportés par Abidjan.net. Soumis au Fonds pour l’environnement mondial pour un montant indicatif de 12,5 millions de dollars, il prévoit de former 1 000 orpailleurs à des techniques sans mercure et vise 25 000 bénéficiaires.
Une restauration qui complète les démantèlements
Le programme national en préparation doit couvrir toutes les étapes allant de l’identification des sites à leur remise en état. Il prévoit la restauration des sols, de l’eau et de la végétation, ainsi que la sécurisation des excavations et le traitement des pollutions résiduelles.
Cette orientation intervient après les mesures décidées par le Conseil national de sécurité le 17 septembre 2026. Le gouvernement considère désormais que la fermeture des sites clandestins doit être suivie d’une réhabilitation afin de réduire les risques sanitaires et de rendre les terres à des usages compatibles avec la sécurité des populations.
Les collectivités territoriales et les communautés locales doivent être associées à la protection des espaces réhabilités. Le projet prévoit aussi des activités économiques durables pour limiter la vulnérabilité des habitants et éviter la réoccupation des sites restaurés.





