Une étude clinique britannique portant sur 957 femmes en périménopause ou ménopausées a observé une nette diminution des indicateurs de détresse psychologique et d’idées suicidaires après leur prise en charge dans une clinique spécialisée. Publiés en 2026 dans BJPsych International et remis en avant le 21 septembre par la Liverpool John Moores University, les résultats suggèrent surtout la nécessité de mieux dépister les difficultés de santé mentale pendant la transition ménopausique.
Les chercheurs ont analysé des données recueillies en routine auprès de patientes suivies au Royaume-Uni. Elles ont rempli le questionnaire PHQ-9, utilisé pour évaluer les symptômes dépressifs, ainsi que l’échelle MENO-D, centrée sur la détresse psychologique liée à la ménopause, lors de la première consultation puis deux à six mois plus tard.
Au début du suivi, 159 participantes, soit 16,6 %, signalaient des idées suicidaires. Elles étaient 65, soit 6,8 %, lors du contrôle. Chez les femmes qui rapportaient ces idées au départ, le score de suicidalité mesuré par l’item 9 du PHQ-9 a diminué de 92 %. Dans l’ensemble de la cohorte, les scores de dépression et de détresse psychologique liée à la ménopause ont reculé d’environ 46 % en moyenne.
Les améliorations moyennes les plus importantes ont été observées chez les femmes recevant une combinaison d’œstrogènes, de progestérone et de testostérone, mais les chercheurs n’ont pas retrouvé de différence significative entre les différents schémas hormonaux pour la baisse des idées suicidaires. Ce point est important : l’étude est observationnelle, ne comporte pas de groupe témoin et ne permet donc pas d’affirmer qu’un type précis de traitement hormonal est à lui seul responsable de l’évolution constatée.
Ces résultats s’inscrivent dans un champ encore incertain. Une revue systématique publiée en 2025 avait retrouvé une association entre transition ménopausique et suicidalité dans 16 des 19 études analysées, tout en soulignant l’hétérogénéité des travaux disponibles et le manque d’essais permettant d’évaluer directement l’effet des traitements hormonaux sur ce risque.
Un dépistage spécifique de la santé mentale
Les auteurs de la cohorte britannique insistent sur un autre résultat : les idées suicidaires n’étaient pas toujours bien reflétées par le score global de dépression. Ils plaident donc pour une évaluation spécifique de ce risque dans le suivi de la ménopause. Les recommandations du NICE indiquent également que les symptômes dépressifs ou une dépression pendant la ménopause doivent être évalués et pris en charge selon leur gravité, en complément des options destinées aux symptômes ménopausiques.
Sur BeNews, une méta-analyse récente consacrée aux symptômes vasomoteurs de la ménopause en Afrique rappelait déjà l’ampleur et la diversité des manifestations de cette période de vie. Le traitement hormonal doit être discuté au cas par cas avec un professionnel de santé en fonction des symptômes, des antécédents et des risques individuels ; toute idée suicidaire justifie, elle, une évaluation médicale urgente.





