La Haute Cour de Mombasa a condamné vendredi 6 novembre le chef de la secte de Shakahola, Paul Nthenge Mackenzie, à 200 ans de prison pour le meurtre de 190 enfants et d’un adulte au Kenya. La juge Diana Kavedza a prononcé la peine après la déclaration de culpabilité rendue le 19 octobre contre le prédicateur et 28 coaccusés.
La peine se compose de deux ensembles. Mackenzie a reçu cent ans pour chacun des 183 meurtres par famine, des peines exécutées simultanément, puis cent ans pour chacun des huit homicides directs, également confondus entre eux. Le tribunal a ordonné que ces deux ensembles se suivent, portant le total à 200 ans.
Les 183 premières victimes comprenaient 182 enfants et un adulte, tandis que les huit homicides directs concernaient des enfants. Quinze coaccusés ont été condamnés à 160 ans de prison, dix autres à 140 ans, un à cent ans et deux à dix ans.
Selon les constatations du tribunal, Mackenzie avait ordonné à ses fidèles de jeûner pour atteindre le paradis et des responsables imposaient ces consignes par des coups, des entraves et des enfermements. Le fondateur de la Good News International Church niait avoir forcé les victimes à mourir, mais la juridiction a rejeté sa défense.
L’affaire avait éclaté en avril 2023 avec la découverte de corps dans la forêt de Shakahola, près de Malindi. La Commission nationale kenyane des droits humains a indiqué que 448 dépouilles y avaient finalement été retrouvées, alors que le procès achevé vendredi portait sur 191 victimes.
Mackenzie reste poursuivi dans des procédures distinctes pour terrorisme, homicide involontaire, maltraitance d’enfants et torture. Ces accusations ne faisaient pas partie de la peine prononcée vendredi à Mombasa.
L’avocat Lawrence Obonyo, qui représente Mackenzie et la plupart des autres condamnés, a annoncé qu’il ferait appel du jugement.




