Une étude menée par des chercheurs de Rutgers et publiée dans Personality and Individual Differences associe le fait d’avoir une fille à un engagement relationnel plus marqué des pères envers la mère de l’enfant. Mise en avant lundi 21 septembre 2026 par Rutgers University, l’analyse porte sur 1 694 parents aux États-Unis et examine notamment l’attachement, l’engagement, la confiance et le soutien au sein du couple.
Les chercheurs ont croisé trois ensembles de données. Le premier comparait la qualité de la relation rapportée par des parents ayant une fille ou un garçon. Le deuxième a suivi 587 couples depuis la naissance de leur enfant jusqu’à l’âge de 9 ans. Le troisième a suivi 168 couples devenant parents pour la première fois, depuis le dernier trimestre de la grossesse jusqu’à deux ans après la naissance.
Dans l’ensemble, les pères de filles ont rapporté davantage de sécurité d’attachement et d’engagement envers leur partenaire que les pères de garçons. Les mères de filles ont également décrit davantage de soutien, d’affection et d’investissement de la part du père. Les chercheurs n’ont pas observé de schéma comparable chez les mères en fonction du sexe de l’enfant.
Le suivi autour de la première naissance apporte un élément temporel important. Avant l’accouchement, les futurs pères de filles et de garçons ne présentaient pas les mêmes écarts observés ensuite. Après la naissance, les pères de filles ont montré davantage de sécurité relationnelle et ont davantage maintenu leur satisfaction de couple. Cette séquence réduit l’hypothèse d’une différence déjà installée avant la parentalité, mais elle ne suffit pas à établir un lien de cause à effet.
Dans le suivi longitudinal, l’écart s’atténuait à mesure que les filles grandissaient, notamment parce que le soutien déclaré par les pères de garçons augmentait progressivement. Ces résultats rejoignent d’autres travaux récents sur les facteurs moins visibles de la vie à deux, comme le partage de la charge mentale dans le couple.
Une association qui ne vaut pas règle générale
Les auteurs avancent plusieurs pistes sans trancher sur le mécanisme. Ils évoquent notamment l’idée que certains pères pourraient accorder plus d’attention à la stabilité du couple lorsqu’ils ont une fille, mais aussi des normes culturelles de protection ou des changements liés à l’entrée dans la paternité. Ces explications restent des hypothèses et n’ont pas été directement démontrées par l’étude.
Les résultats proviennent de populations occidentales et reposent en partie sur des déclarations des parents, ce qui limite leur généralisation à d’autres contextes. Les auteurs soulignent aussi qu’avoir une fille ne rend pas automatiquement un homme plus engagé ni un père « meilleur » : la différence observée porte surtout sur certains indicateurs de présence, de soutien et d’investissement envers la partenaire.





