Consulter son téléphone au point de détourner son attention d’un échange avec son ou sa partenaire est associé à davantage de solitude au sein du couple et à un moindre bien-être psychologique chez les jeunes adultes. C’est le principal constat d’une étude publiée le 7 septembre 2026 dans le Journal of Community Psychology, consacrée au « phubbing », contraction de phone et snubbing.
Les chercheurs ont interrogé 1 627 adultes âgés de 18 à 35 ans, tous engagés dans une relation amoureuse et non mariés. Une exposition plus forte au phubbing du partenaire était liée à une estime de soi plus faible et à un sentiment plus marqué de solitude romantique. Dans leur modèle statistique, ces deux facteurs expliquaient l’association observée avec un bien-être psychologique plus faible.
L’étude ne montre toutefois pas qu’un téléphone utilisé pendant une conversation provoque à lui seul ces difficultés. Les données ont été recueillies à un seul moment, auprès d’un échantillon de convenance composé en grande partie d’étudiants. Les auteurs demandent donc d’éviter toute interprétation causale et de confirmer ces résultats dans des populations plus diverses.
D’autres travaux vont dans la même direction. Une étude longitudinale publiée en mai 2026, menée auprès de 310 couples de jeunes mariés suivis à trois reprises à six mois d’intervalle, a relevé des liens entre le phubbing perçu, la satisfaction conjugale et le sentiment que les besoins relationnels sont satisfaits. Les relations observées variaient cependant selon les partenaires, ce qui montre que le phénomène ne se résume pas à une mécanique identique dans tous les couples.
Une étude dyadique publiée en 2025 a également associé le phubbing à un sentiment plus important de privation d’affection, lui-même lié à une satisfaction relationnelle plus faible. Des travaux antérieurs suggèrent en parallèle que l’effet dépend aussi de la manière dont le téléphone est utilisé : partager avec son partenaire ce que l’on consulte peut réduire le sentiment d’exclusion par rapport à un usage qui coupe simplement l’échange.
Ce que cela change dans la vie à deux
Les résultats ne plaident pas pour bannir systématiquement le smartphone du couple. Ils attirent plutôt l’attention sur les moments où l’écran remplace la présence à l’autre. Pendant un repas, une discussion importante ou un temps prévu à deux, annoncer pourquoi l’on consulte son téléphone, différer les notifications non urgentes ou convenir de quelques plages sans écran peut limiter les interruptions répétées.
Les auteurs de l’étude de 2026 soulignent enfin que leur échantillon était composé de jeunes adultes hétérosexuels, majoritairement universitaires et non mariés. Les conclusions ne peuvent donc pas être généralisées automatiquement aux couples plus âgés, mariés ou issus d’autres configurations relationnelles.





