La Côte d’Ivoire a achevé jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan sa première simulation nationale de crise cyber, au terme de deux jours d’un scénario ayant simultanément perturbé l’énergie, les télécommunications et les systèmes de paiement. L’exercice CYBER.EX 2026 a placé décideurs et experts devant des choix portant sur l’isolement de services critiques, la communication publique et la réponse à une demande de rançon.
À la fin de la simulation, l’électricité avait été rétablie, les réseaux fonctionnaient de nouveau et aucune rançon n’avait été payée dans le scénario, selon le bilan présenté par le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, le général de brigade Guelpétchin Ouattara. Il a estimé que l’exercice avait permis aux participants de sortir mieux préparés à une crise réelle.
CYBER.EX ne répondait pas à une attaque effectivement menée contre le pays. Le dispositif reconstituait une crise majeure afin d’éprouver la coordination entre l’État, les opérateurs d’infrastructures critiques et le secteur privé, tout en mesurant leur capacité à maintenir ou rétablir les services essentiels.
Près de 800 participants issus notamment de l’énergie, des télécommunications et de la finance ont pris part à l’exercice au Radisson Blu d’Abidjan. Les équipes techniques ont dû analyser les incidents et proposer des réponses, tandis que les décideurs étaient confrontés aux conséquences opérationnelles, économiques et publiques de leurs arbitrages.
Cette séquence finale donne une portée nouvelle à l’événement annoncé deux jours plus tôt. Au-delà de la vérification des outils de détection, elle a testé la circulation de l’information, la chaîne de décision et la continuité d’activité lorsque plusieurs secteurs critiques sont touchés au même moment.
L’ANSSI a également organisé une formation consacrée à la politique de sécurité des systèmes d’information pour les responsables des administrations publiques. Cette session devait faciliter l’application de règles communes, clarifier les responsabilités et entraîner les experts à évaluer les risques sous la pression d’un scénario de crise.
Les autorités ivoiriennes veulent inscrire cette préparation dans une coopération régionale. À l’ouverture, le gouvernement avait présenté la cybersécurité comme une composante de la sécurité nationale et indiqué que l’expérience de CYBER.EX devait contribuer à la résilience collective de l’espace ouest-africain.
Le directeur général de l’ANSSI a annoncé que CYBER.EX deviendrait un rendez-vous annuel. La compétition réservée cette année aux grandes écoles et aux universités doit être élargie à d’autres jeunes talents lors des prochaines éditions, avec des phases éliminatoires conduisant à une finale pendant l’exercice national.





