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jeudi 29 octobre 2026
Économie · Côte d'Ivoire

La Banque mondiale appelle à faire des villes ivoiriennes des moteurs d’emplois

Le nouveau rapport lancé à Abidjan chiffre l’ampleur de la transition urbaine et détaille les investissements nécessaires pour transformer la croissance des villes en emplois.

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Robert Beugré Mambé, Premier ministre de Côte d’Ivoire
Robert Beugré Mambé en décembre 2023. Photo Prisca Diom, Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

La Banque mondiale a officiellement lancé jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan son rapport sur l’urbanisation en Afrique subsaharienne, en appelant la Côte d’Ivoire et les autres États de la région à mieux planifier l’expansion des villes afin d’en faire des moteurs de croissance et de création d’emplois.

Intitulé L’éveil urbain de l’Afrique subsaharienne, le document estime que la population urbaine régionale est passée de 170 millions d’habitants en 1975 à 913 millions en 2025. Elle devrait atteindre 1,7 milliard en 2050, soit 748 millions de citadins supplémentaires en vingt-cinq ans.

La Côte d’Ivoire est directement concernée par cette accélération. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique présentées lors du lancement, sa population était estimée à 32,8 millions d’habitants en 2025 et plus de 55 % vivaient en milieu urbain, contre 32 % en 1975.

Une croissance urbaine encore peu productive

Le rapport relève que les agglomérations d’Afrique subsaharienne génèrent en moyenne près de 50 % d’activité économique en moins que des villes de taille comparable situées à la frontière mondiale de performance. La dispersion des pôles d’emplois, les difficultés de transport, l’insuffisance des services de base et l’accès incertain au foncier freinent les entreprises et l’investissement.

Cette faiblesse pèse sur un marché du travail qui doit absorber environ 15 millions de nouveaux actifs chaque année. La Banque mondiale juge que l’urbanisation ne produira pas automatiquement davantage d’emplois et qu’elle doit être accompagnée par des infrastructures, des règles foncières plus claires et des institutions locales capables d’agir.

L’institution recommande de concentrer les investissements publics là où ils peuvent attirer le plus de capitaux privés et soutenir l’emploi, d’orienter l’expansion urbaine avant que les choix actuels ne deviennent trop coûteux à corriger, puis d’adapter les politiques aux villes intermédiaires souvent moins bien dotées.

La Côte d’Ivoire veut anticiper l’expansion

Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a déclaré que le gouvernement avait choisi de devancer la croissance urbaine. Il a cité le métro d’Abidjan, le réseau rapide par autobus, le pont de Loka, le franchissement du canal de Vridi et le projet ferroviaire reliant Abidjan au nord parmi les investissements destinés à améliorer la mobilité et la productivité.

Le chef du gouvernement a aussi soutenu qu’un franc investi dans le logement et l’aménagement urbain pouvait générer plus de quatre francs dans l’économie. Il a plaidé pour une mobilisation accrue des ressources nationales, des capitaux privés et des capacités financières des collectivités territoriales.

Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a pour sa part placé la planification, la sécurisation foncière, la viabilisation des terrains et le financement des réseaux parmi les priorités. Les besoins recensés concernent notamment le logement, les transports, l’eau potable, l’assainissement, l’énergie et les équipements collectifs.

Nadège Boli

Les articles publiés sous la signature Nadège Boli sur BeNews portent notamment sur les célébrités, le football et la musique.

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