La Haute Cour de Durban a suspendu mercredi 28 octobre les manifestations du mouvement anti-immigration March and March dans l’ensemble de la municipalité d’eThekwini, en Afrique du Sud, jusqu’à une audience prévue vendredi 30 octobre.
L’ordonnance provisoire empêche le mouvement et plusieurs de ses responsables d’organiser, de diriger ou de mobiliser des marches, des cortèges et des convois de protestation. Elle couvre notamment le centre de Durban, Che Guevara Road et les abords du centre d’accueil des réfugiés du ministère de l’Intérieur.
La mesure a été demandée en urgence par le ministre sud-africain de la Police par intérim, Firoz Cachalia, et le commissaire provincial du KwaZulu-Natal, Nhlanhla Mkhwanazi. Les autorités ont invoqué des violences commises lors de précédents rassemblements ainsi qu’une menace présumée d’incendie contre le centre d’accueil des réfugiés.
Le tribunal a également interdit aux personnes visées d’encourager ou de faciliter des agressions, des actes d’intimidation, des pillages et des destructions. Ces restrictions resteront provisoires jusqu’à l’examen contradictoire de la demande de la police.
La dirigeante de March and March, Jacinta Ngobese-Zuma, a confirmé avoir reçu les documents judiciaires. Elle accuse le gouvernement de chercher à priver le mouvement de son droit de manifester et a appelé ses soutiens à assister à l’audience de vendredi.
Les manifestations organisées à Durban contre l’immigration irrégulière ont été marquées ces dernières semaines par des affrontements, des fermetures forcées de commerces, des véhicules incendiés et la mort d’un ressortissant étranger. La police a ouvert des enquêtes sur plusieurs de ces faits.
Face à la montée des violences au KwaZulu-Natal, le président Cyril Ramaphosa a déployé plus de 500 militaires dans la province. Il a parallèlement demandé aux forces de l’ordre d’agir contre les auteurs de violences tout en rappelant que les rassemblements pacifiques restent protégés par la Constitution.
La Haute Cour de Durban doit décider vendredi 30 octobre à 10 heures si l’interdiction doit être prolongée, cinq jours avant les élections locales sud-africaines prévues le 4 novembre.





